Un nouveau cap pour les comptes de la Sécu

Alors que l’examen du budget de la Sécurité sociale se poursuit dans l’hémicycle, un chiffre inquiétant a relancé les débats : le déficit de la branche maladie pourrait atteindre 23,2 milliards d’euros en 2026, soit près de 4 milliards de plus que les 19,4 milliards initialement espérés par l’exécutif. Cette dégradation des comptes, plusieurs fois évoquée ces derniers jours, a nourri les interventions des parlementaires.

Thomas Ménagé défend l’approche du RN

Le député de la première circonscription du Loiret, Thomas Ménagé, membre de la commission des Affaires sociales, est revenu sur la stratégie économique du Rassemblement national lors d’un entretien diffusé le 29 mai. Interrogé sur la capacité de son parti à endiguer le trou de la Sécu, il a plaidé pour une « réforme structurelle » des dépenses publiques, sans toutefois entrer dans le détail des mesures chiffrées.

Selon lui, le modèle actuel de financement de la protection sociale, reposant sur des cotisations assises sur le travail, n’est plus adapté. « Nous devons sortir de la logique du toujours plus de prélèvements obligatoires », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant l’attachement de son groupe au « système de santé solidaire ». Il a également critiqué les « dérives bureaucratiques » de l’Assurance maladie et appelé à une « simplification drastique » des procédures administratives.

Des divergences avec le gouvernement

Les positions défendues par le parlementaire contrastent avec les arbitrages rendus récemment par l’exécutif. Alors que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est montré confiant quant à une revalorisation des salaires minimums dans les branches professionnelles les plus touchées par la hausse du Smic, Thomas Ménagé a jugé cette mesure « insuffisante pour redonner du pouvoir d’achat ». Il a également mis en garde contre « l’effet ciseau » provoqué par l’inflation et la hausse des cotisations, qui pèserait selon lui sur les entreprises.

Un contexte budgétaire tendu

Les propos de l’élu RN s’inscrivent dans un climat économique incertain. Outre le dérapage des comptes sociaux, plusieurs dossiers chauds animent les commissions : la prise en charge des médicaments anti-obésité par l’Assurance maladie – qui pourrait coûter une centaine de millions d’euros par an –, ou encore la réforme des retraites, dont le calendrier reste sujet à discussions. Thomas Ménagé a estimé que la priorité devait être donnée à « l’équilibre des comptes sans sacrifier les services publics », sans préciser quels leviers budgétaires seraient actionnés.

Un débat qui dépasse les clivages

Les interventions du député RN interviennent alors que des voix s’élèvent, y compris dans la majorité, pour réclamer un audit approfondi des dépenses de la Sécurité sociale. Si l’opposition de droite comme de gauche critique l’absence de « vérité budgétaire », le Rassemblement national tente de se positionner en alternative crédible sur le terrain économique, traditionnellement perçu comme un point faible du parti.

Les prochains jours s’annoncent décisifs : le gouvernement doit présenter des amendements pour tenter de contenir le déficit, tandis que les groupes d’opposition multiplieront les propositions. Thomas Ménagé a d’ores et déjà annoncé que son groupe déposerait des amendements visant à « réduire les gaspillages » et à « sanctuariser les soins prioritaires ».