Donald Trump a commenté pour la première fois la démission de Keir Starmer, annoncée quelques heures plus tôt. S’exprimant depuis Washington, le président des États-Unis a estimé que le Premier ministre britannique « s’est tiré une balle dans le pied » en quittant ses fonctions. Cette formule, rapportée par des proches du locataire de la Maison-Blanche, traduit le peu d’estime que ce dernier porte à l’ancien chef du gouvernement travailliste.
Une relation houleuse Les relations entre les deux dirigeants n’ont jamais été cordiales. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump n’a cessé de critiquer la politique de Keir Starmer, notamment sur les questions économiques et migratoires. Le président américain avait déjà ironisé la semaine dernière sur les rumeurs de départ de son homologue britannique, lui souhaitant alors « le meilleur » dans un ton ouvertement sarcastique.
Des tensions commerciales en toile de fond Ce nouvel éclat intervient dans un contexte de fortes tensions entre Londres et Washington. Les négociations sur un accord de libre-échange post-Brexit sont au point mort, et les deux capitales s’opposent frontalement sur le dossier iranien. Keir Starmer avait récemment critiqué la décision américaine d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium britanniques, une mesure que Donald Trump justifie par la défense des intérêts économiques des États-Unis.
Une démission qui surprend Keir Starmer a annoncé sa démission lors d’une déclaration télévisée depuis Downing Street. Il a invoqué des raisons personnelles et la nécessité de « laisser place à un nouveau souffle » pour le Royaume-Uni. Cette décision a pris de court de nombreux observateurs, alors que le Labour traverse une période de turbulences internes. Le parti travailliste doit désormais organiser une course à la direction pour désigner un successeur.
Réactions internationales Plusieurs dirigeants étrangers ont salué l’action de Keir Starmer, dont le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande sortante Olaf Scholz. Mais le commentaire de Donald Trump reste le plus acide. Selon des sources diplomatiques, ce ton pourrait compliquer davantage les relations bilatérales entre les deux pays, déjà mises à mal par des différends commerciaux.
Du côté de Downing Street, on évite de surenchérir. Un porte-parole a simplement indiqué que le Royaume-Uni « travaille en étroite coopération avec tous ses alliés, y compris les États-Unis ». Les marchés financiers britanniques ont oscillé après l’annonce de la démission, la livre sterling perdant brièvement du terrain avant de se stabiliser.
Quel avenir pour la relation transatlantique ? La démission de Keir Starmer ouvre une période d’incertitude pour le Royaume-Uni, à quelques mois de l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations commerciales avec l’Union européenne. La perspective de voir un nouveau Premier ministre moins hostile à Donald Trump pourrait à terme apaiser les tensions, mais pour l’heure, le président américain ne cache pas son mépris. « Il s’est tiré une balle dans le pied », a-t-il répété en privé, selon des conseillers. Une formule qui résume son analyse de la carrière politique de son désormais ex-homologue.
Si l’administration Trump se refuse à tout commentaire officiel, la liberté de ton du président laisse peu de doutes sur le peu de considération qu’il porte au départ de Keir Starmer. Ce dernier, de son côté, n’a pas réagi aux propos américains, se contentant d’appeler à l’unité nationale dans un message posté sur les réseaux sociaux.