La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s'est rendue à Matignon pour aborder les modalités de son départ du gouvernement, qu'elle devrait officialiser d'ici la réunion du Conseil des ministres. Cette décision fait suite à l'adoption définitive, mardi, de la loi d'urgence agricole par le Parlement, dont les dispositions relatives aux pesticides ont cristallisé les tensions.
Le texte, promis en janvier aux agriculteurs par le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, visait à répondre à plusieurs priorités du monde agricole, notamment l'accès à l'eau, la protection contre les prédateurs et les moyens de production. Mais le volet autorisant la réintroduction à titre dérogatoire de certains pesticides a provoqué de vifs débats au sein de la majorité et conduit la ministre à remettre en cause sa participation à l'exécutif.
Monique Barbut, restée discrète depuis sa nomination, a estimé ne plus pouvoir défendre une politique allant à l'encontre de ses convictions écologiques. Sa démission intervient dans un climat déjà marqué par les précédents départs de Nicolas Hulot et François de Rugy de ce même ministère, souvent qualifié de « ministère de tous les dangers » en raison des difficultés rencontrées par ses titulaires.
Alors que les discussions s'intensifiaient dans l'hémicycle, Sébastien Lecornu a vivement critiqué les écologistes, les accusant de « mensonges » et d'entretenir « la colère avec duplicité » à propos du projet de loi agricole. Ces déclarations illustrent les fractures au sein de la majorité sur la question environnementale.
Avec ce départ, l'exécutif devra procéder à un remaniement pour pourvoir le poste vacant. La nouvelle mouture du gouvernement devra trouver un équilibre entre les attentes du secteur agricole et les engagements écologiques du pays.