«C'est pas du plaqué or, c'est du lourd.» Par ces mots, le président des États-Unis, Donald Trump, a salué la somptuosité du dîner de gala offert en son honneur par son homologue français, Emmanuel Macron, au château de Versailles. L'événement, qui s'inscrit dans les célébrations du 250e anniversaire de la déclaration d'indépendance américaine, a visiblement impressionné le chef de la Maison-Blanche, même si ce dernier s'est dit préoccupé par le coût d'une telle réception pour les finances publiques françaises.

Un cadre historique pour une célébration bilatérale

Le souper s'est déroulé dans la galerie des Glaces, pièce maîtresse du château de Versailles, symbole de la puissance monarchique française. Les deux dirigeants, accompagnés de leurs épouses, ont partagé un menu élaboré par un traiteur de renom, servi dans de la vaisselle d'or massif. M. Trump n'a pas caché son étonnement face à ce raffinement, qu'il a opposé à un simple placage d'or. Son enthousiasme s'est toutefois rapidement mué en interrogation sur l'addition : «Combien ça coûte ? Qui paie ?» a-t-il lancé à plusieurs reprises, selon des propos rapportés.

Des interrogations sur la facture

Le coût d'une telle soirée, qui mobilise un traiteur de prestige, un personnel nombreux et un dispositif de sécurité exceptionnel, est estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros. La question de la prise en charge – budgets de l'Élysée, du ministère de la Culture ou mécénat privé – n'a pas été officiellement tranchée, mais le caractère public des festivités a ravivé le débat sur les dépenses de représentation de l'État. Emmanuel Macron aurait alors répondu à son invité que la France assumait ces frais avec fierté, en tant que témoignage de l'amitié franco-américaine et de son rayonnement culturel.

Un programme diplomatique et symbolique

Au-delà du faste, cette rencontre s'inscrivait dans un agenda diplomatique dense, en marge du sommet du G7. Les deux chefs d'État ont évoqué les enjeux commerciaux, les questions de défense et le conflit en Ukraine. Le cadre versaillais a aussi permis de souligner les liens historiques entre la France et les États-Unis, dont la coopération militaire lors de la guerre d'indépendance a scellé l'amitié entre les deux nations. La présence de Donald Trump, qui a souvent critiqué les dépenses européennes de défense, a ainsi revêtu une portée symbolique forte.

Réactions contrastées

Les déclarations du président américain ont suscité des réactions contrastées en France. Si certains y voient la marque d'un attachement sincère à la culture française, d'autres pointent le décalage entre la réalité économique du pays et le faste déployé pour une visite officielle. L'opposition a dénoncé un «banquet d'Ancien Régime» et demandé la publication du coût exact de la réception. Le ministre des Affaires étrangères a, de son côté, défendu une «diplomatie d'excellence» indispensable au rang de la France.

Un précédent mémorable

Ce dîner n'est pas le premier à créer la polémique. En 2017, le même décor avait accueilli la visite d'État du président chinois Xi Jinping, déjà pour un dîner de gala dont le coût avait été estimé à plusieurs centaines de milliers d'euros. L'événement avait alors été critiqué par une partie de la classe politique. La visite de Donald Trump, marquée par ses commentaires directs, a remis la question des dépenses présidentielles sous les projecteurs.