Le dépistage du cadmium, un métal lourd toxique, sera désormais pris en charge par l'assurance maladie à partir de mardi. Cette mesure concerne toutefois un nombre limité de profils, ce qui suscite des critiques de la part d'acteurs de la santé environnementale.
Un dépistage réservé à des situations spécifiques
Selon les informations disponibles, les analyses pourront être prescrites par les médecins et remboursées pour les personnes résidant à proximité d'un site industriel présentant un risque de contamination, ou vivant dans des territoires où les sols sont naturellement riches en cadmium. Ce cadre restrictif vise à cibler les populations les plus exposées, mais il exclut de fait une grande partie de la population générale.
Des critiques sur le périmètre de la mesure
Le cardiologue Pierre Souvet, fondateur de l'association Santé environnement France, déplore que ce dispositif ne reflète pas la réalité de la contamination au cadmium dans le pays. Selon lui, le dépistage gratuit tel qu'il est mis en place « ne correspond pas à la contamination générale des Français ». L'association estime que l'exposition au cadmium est bien plus large que les seules zones industrielles ou géologiquement particulières, et que la population dans son ensemble pourrait être concernée.
Un enjeu de santé publique
Le cadmium est un métal lourd classé comme cancérogène certain pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Il est présent dans l'environnement, notamment dans les engrais phosphatés, les batteries, les pigments ou encore les produits du tabac. Une exposition chronique, même à faibles doses, peut entraîner des atteintes rénales, osseuses et pulmonaires. L'élargissement du dépistage à un plus grand nombre de personnes permettrait, selon les défenseurs de la santé environnementale, une meilleure évaluation de l'imprégnation de la population et une prévention plus efficace.
Vers une possible évolution ?
Face aux critiques, les autorités sanitaires pourraient être amenées à revoir les critères d'éligibilité à ce dépistage. Pour l'heure, la mesure entre en vigueur avec un champ d'application jugé trop étroit par les associations, qui espèrent une prise en compte plus large de l'exposition au cadmium dans les mois à venir.