L'armée libanaise a commencé, le lundi 20 juillet 2026, à assumer ses responsabilités sécuritaires dans trois villages du sud du pays — Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiya — dans le cadre d'une initiative soutenue par Washington, a confirmé le département d'État américain. Cette opération constitue la première application concrète du mécanisme de « zones pilotes » sur lequel les autorités israéliennes et libanaises, assistées par les États-Unis, sont convenues lors d'une réunion tenue à Rome au cours de la semaine précédente.

Selon des responsables américains cités par l'ambassade des États-Unis au Liban, les deux parties sont parvenues « à un accord sur la structure et les lignes directrices du processus de zones pilotes ». Ce processus, a précisé un responsable américain, devait être « finalisé et mis en œuvre dans les prochains jours ».

Un compromis laborieux

Les « zones pilotes » sont des secteurs du sud du Liban toujours occupés par Israël, pour lesquels un plan de retrait progressif a été négocié. Dans le cadre de cet accord tripartite, Israël doit remettre progressivement ces zones à l'armée libanaise, tandis que le Hezbollah est appelé à se désarmer. Les discussions, qui se sont tenues à Rome entre délégations libanaise et israélienne sous médiation américaine, ont abouti à ce compromis après plusieurs semaines de tensions.

Le déploiement des forces libanaises a suscité des réactions contrastées sur le terrain. Alors que les autorités militaires libanaises soulignent le retour de la souveraineté de l'État dans ces localités, certains habitants affirment qu'Israël n'a jamais réellement occupé ces villages, ce qui relativise à leurs yeux la portée de l'opération. Des témoins ont rapporté que la population locale a accueilli les soldats avec méfiance, estimant que le dispositif ne répond pas à la réalité de l'occupation.

Trois villages comme test

Les trois localités de Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiya ont été choisies comme sites pilotes pour cette première phase. L'armée libanaise y a déployé des effectifs et commencé à prendre le contrôle des postes de sécurité et des points de passage, conformément aux modalités définies à Rome. Le département d'État américain a salué cette étape comme un « progrès significatif » vers la mise en œuvre complète de l'accord.

Ce dispositif s'inscrit dans le cadre plus large de l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prévoit le retrait israélien du sud du Liban et le désarmement de toutes les milices, en particulier le Hezbollah. La médiation américaine a été déterminante pour rapprocher les positions des deux États.

Prochaines étapes

Les autorités américaines ont indiqué que d'autres phases de retrait suivront, selon un calendrier qui n'a pas été rendu public. L'objectif affiché est d'étendre progressivement le contrôle de l'armée libanaise à l'ensemble du sud du territoire, tout en garantissant la sécurité d'Israël. Aucune date n'a été avancée pour la fin complète du retrait israélien.

Les discussions entre les délégations libanaise et américaine se poursuivent pour définir les modalités des prochaines zones pilotes. Des sources diplomatiques évoquent la possibilité que le processus s'étende à d'autres localités dans les semaines à venir, en fonction de l'évaluation de la première phase.

Sur le plan local, le déploiement de l'armée libanaise est perçu comme un test de la capacité de l'État à affirmer son autorité face au Hezbollah, qui reste influent dans la région. Les experts estiment que la réussite de cette initiative dépendra de la volonté des différentes parties à respecter leurs engagements, notamment en matière de désarmement et de non-ingérence.