Une humiliation inattendue
La sélection anglaise féminine de football a vécu une soirée cauchemardesque vendredi à l'Estadi Mallorca Son Moix. Face au champion du monde espagnol, les Lionesses se sont inclinées sur le score de 4 à 0, une défaite qui constitue leur plus lourde depuis la finale de l'Euro 2009 perdue 6-2 face à l'Allemagne. Ce revers anéantit quasiment tout espoir de terminer en tête du groupe de qualification et d'obtenir un billet direct pour le Mondial au Brésil l'an prochain.
"Bien sûr que ça fait mal", a confié Sarina Wiegman en conférence de presse d'après-match. "Je m'attendais à un match totalement différent, très serré et très disputé. Mais il en a été tout autrement, c'est vraiment décevant et ça fait mal." La technicienne néerlandaise a reconnu que son équipe n'avait pas été à la hauteur. "Nous n'avons pas assez joué, nous n'avons pas su passer à la vitesse supérieure, nous avons à peine pénétré dans leur surface de réparation", a-t-elle regretté.
Un revers nécessaire pour progresser ?
Malgré l'amertume, Wiegman a estimé que des moments difficiles comme celui-ci pouvaient servir de déclencheur. "On ne souhaite pas vivre ces instants, mais à un moment donné, il faut des revers pour créer davantage d'urgence, pour s'améliorer", a-t-elle déclaré sur les ondes d'une radio britannique. "Nous avions déjà connu ce genre de situation avant l'Euro 2025, avec des matches amicaux qui nous avaient servi de leçon. Cela nous avait permis de dire 'OK, que pouvons-nous faire mieux ?'"
La sélectionneuse a souligné que le groupe a besoin de se ressaisir rapidement. "Nous avons un an pour travailler là-dessus. Mais la première chose est de gagner contre l'Ukraine, de donner une grande performance et de montrer individuellement et collectivement notre valeur."
Une qualification désormais en suspens
Avant cette rencontre, un match nul ou une défaite par un seul but d'écart suffisaient à l'Angleterre pour s'assurer la première place du groupe. Mais la supériorité écrasante des Espagnoles a changé la donne. Désormais, pour espérer une qualification directe, les Anglaises doivent impérativement battre l'Ukraine mardi soir, tout en espérant que l'Espagne perde des points face à l'Islande à Reykjavik. En cas d'égalité de points, l'avantage du goal-average particulier reviendrait aux championnes du monde, grâce à ce large succès.
Un membre du staff anglais a été dépêché en Islande pour suivre le score en temps réel, mais Wiegman a précisé que l'information ne serait pas communiquée aux joueuses pendant leur propre match. "Nous nous concentrons sur notre performance contre l'Ukraine. Nous voulons gagner et montrer de quoi nous sommes capables", a-t-elle insisté.
Des changements annoncés
Pour ce dernier rendez-vous du groupe, la sélectionneuse a indiqué qu'elle apporterait "quelques changements" par rapport à l'équipe alignée en Espagne. L'ensemble de l'effectif de 24 joueuses s'est entraîné lundi à Melwood pour préparer cette rencontre programmée mardi à 20 heures (heure britannique) au Hill Dickinson Stadium.
"Il ne s'agit pas de paniquer, mais de réagir", a tempéré la milieu de terrain Lauren Hemp. "Passer la nuit de vendredi à samedi a été très difficile. C'était dur de digérer cette performance. Mais nous savons que nous pouvons rivaliser avec n'importe quelle équipe. Ce n'est pas le moment de céder à la panique."
Un avertissement avant le Mondial
Cette déroute met en lumière un écart technique et tactique préoccupant à un an du début de la Coupe du monde. Espagne et Angleterre se sont affrontées lors des trois dernières grandes compétitions, avec un bilan équilibré : victoire anglaise en finale de l'Euro 2025, puis succès espagnol en finale du Mondial 2023. Vendredi, les coéquipières d'Alexia Putellas (auteure d'un doublé) ont dominé les débats, confirmant leur statut de favorites pour la défense de leur titre.
Pour Wiegman, ce revers doit servir d'électrochoc. "Nous sommes une équipe compétitive, nous voulons gagner. Il y a de la déception et de la souffrance", a-t-elle ajouté. "Mais nous restons soudées. Nous voulons montrer que nous sommes l'Angleterre et que nous savons revenir après de tels moments." La qualification passe désormais par un sans-faute en barrage automnal, à moins d'un improbable faux pas espagnol mardi.