La capitale syrienne a été le théâtre d'une attaque ciblée mardi 7 juillet 2026, alors que le président français Emmanuel Macron effectuait une visite historique, la première d'un dirigeant d'un pays membre de l'Union européenne depuis le renversement de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Deux explosions ont ébranlé le quartier abritant l'hôtel Four Seasons, où était logé le chef de l'État français. Selon des informations officielles, 18 personnes ont été blessées, mais leurs jours ne seraient pas en danger. Un premier engin, que les forces de sécurité tentaient de désamorcer à proximité de l'établissement hôtelier, a explosé. Une seconde déflagration s'est produite quelques minutes plus tard, a rapporté l'agence de presse d'État SANA.

Un contexte sécuritaire fragile

Cette attaque survient dans un climat de tensions persistantes en Syrie. Le président Ahmed al-Charaa, qui a pris les rênes du pays après la chute de Bachar al-Assad, doit composer avec une nation profondément divisée par des années de guerre civile, un chômage élevé et une autorité de l'État encore fragile.

Bien qu'aucun groupe n'ait revendiqué la responsabilité de ces explosions, les soupçons se tournent vers les vestiges du groupe État islamique (EI). L'organisation, qui avait fait de la ville de Raqqa, dans le nord-est du pays, son fief, conserve une capacité de nuisance. Les Nations unies estiment que le groupe compte encore entre 1 500 et 3 000 combattants disséminés entre la Syrie et le voisin irakien.

« L'EI est toujours présent et toujours actif », a commenté Aron Lund, chercheur au Century International, un centre de réflexion basé à New York. Il a ajouté que les spéculations sur les auteurs de cette récente attaque se concentrent largement sur le groupe jihadiste. « Il ne s'agit pas vraiment de chiffres. Il suffit de deux ou trois personnes pour fabriquer et poser une bombe afin de créer un impact démesuré », a-t-il expliqué, faisant référence aux défis sécuritaires auxquels le gouvernement est confronté.

Des menaces récurrentes

Cet incident n'est pas isolé. La semaine précédant la visite présidentielle, une explosion dans un cafe de Damas avait fait au moins neuf morts, soulignant la persistance d'une menace sécuritaire intérieure. Le gouvernement d'Ahmed al-Charaa est ainsi confronté à des défis anciens et nouveaux, alors qu'il tente de rétablir l'ordre et la loi dans un pays marqué par un conflit qui a servi de théâtre à des puissances étrangères comme la Russie, l'Iran et leurs milices chiites alliées.

La visite présidentielle

La présence d'Emmanuel Macron à Damas était présentée comme un geste fort de la communauté internationale envers la nouvelle autorité syrienne. Cette visite visait à soutenir la transition politique et la reconstruction du pays. Les explosions, bien que n'ayant pas fait de victimes graves, ont rappelé les fragilités sécuritaires qui persistent en Syrie, deux ans après la chute de l'ancien régime. Les autorités syriennes ont renforcé les mesures de sécurité autour des lieux fréquentés par la délégation française, mais n'ont pas fait état de perturbations majeures dans le programme de la visite.