Les relations entre Copenhague et Washington connaissent un nouvel accroc autour du statut du Groenland. Le président des États-Unis a récemment relancé l'idée d'une mainmise américaine sur ce territoire autonome rattaché au royaume du Danemark, suscitant une réponse ferme des autorités danoises.

Des déclarations sans ambiguïté

Dans des propos rapportés ces derniers jours, le locataire de la Maison-Blanche a estimé que le Groenland « devrait être sous la tutelle des États-Unis ». Il a également déclaré que le Danemark « devrait être contrôlé par les États-Unis et non par le Danemark », une formule qui a provoqué un tollé dans la capitale danoise. Ces affirmations ne sont pas une première : le président américain avait déjà exprimé par le passé son intérêt pour l'acquisition de ce vaste territoire arctique, riche en ressources minérales et stratégiquement situé.

La réplique de Copenhague

Face à ces nouvelles déclarations, la Première ministre danoise a tenu à rappeler la position officielle de son pays. Dans une communication publique, elle a déclaré que le Groenland « n'est pas à vendre », reprenant une formulation déjà employée lors de précédentes controverses. La chef du gouvernement a souligné que le territoire et ses habitants ne pouvaient faire l'objet d'une transaction commerciale ou politique unilatérale.

Un territoire convoité

Le Groenland, qui dispose d'un gouvernement autonome depuis 1979, reste lié au Danemark par un pacte constitutionnel. Sa population, majoritairement inuite, a régulièrement affirmé son attachement à son autonomie. L'île possède des gisements de terres rares, d'uranium et de pétrole, ainsi qu'une position clé dans l'Arctique, zone où les rivalités entre grandes puissances s'intensifient avec la fonte des glaces. Les États-Unis y exploitent déjà une base militaire, Pituffik (anciennement Thulé), dans le cadre d'accords bilatéraux.

Un contentieux récurrent

Cette nouvelle passe d'armes s'inscrit dans un schéma déjà observé : dès 2019, le président américain avait évoqué l'achat du Groenland, provoquant une fin de non-recevoir cinglante de Copenhague et de Nuuk. Les récentes sorties du dirigeant américain relancent les spéculations sur ses intentions réelles, qu'il s'agisse d'une provocation diplomatique ou d'une volonté sérieuse de négocier un changement de souveraineté. Les autorités danoises, de leur côté, se montrent inflexibles et rappellent le droit des Groenlandais à disposer d'eux-mêmes.