La nouvelle coalition gouvernementale danoise, menée par la Première ministre Mette Frederiksen, a annoncé un train de mesures fiscales d'ampleur. Il s'agit d'un programme de réduction d'impôts qui prévoit à la fois une baisse de l'impôt sur les sociétés et une réforme de l'impôt sur le revenu pour les contribuables les plus aisés.

L'exécutif, qui rassemble quatre formations politiques, entend ramener le taux d'imposition des entreprises de 22 % à 19 %, soit une diminution de trois points de pourcentage. Dans le même temps, le projet de loi prévoit la suppression de la tranche d'imposition la plus élevée pour les revenus des personnes physiques. Cette tranche, qui s'applique actuellement aux plus hauts revenus, serait ainsi abrogée.

Cette politique fiscale marque une orientation économique libérale pour un gouvernement dirigé par une social-démocrate. La coalition, formée récemment, repose sur un accord entre partis de différents bords politiques, ce qui a nécessité des compromis. La réduction de l'impôt sur les sociétés vise à améliorer la compétitivité du Danemark dans l'attraction des investissements étrangers et à stimuler la croissance économique. La mesure concernant l'impôt sur le revenu, quant à elle, a pour objectif de favoriser les talents et les hauts revenus, afin de limiter l'exode fiscal.

Les modalités précises de mise en œuvre n'ont pas encore été détaillées, mais l'annonce a déjà suscité des réactions contrastées. Les partisans de la réforme y voient un levier pour dynamiser l'économie danoise et renforcer son attractivité. Les critiques, notamment au sein des syndicats et de la gauche, dénoncent une politique favorisant les entreprises et les plus riches, susceptible d'accroître les inégalités.

Le gouvernement devra obtenir l'aval du Parlement pour concrétiser ces projets. La coalition dispose d'une majorité relative, ce qui pourrait l'obliger à négocier avec des partis d'opposition pour faire adopter les textes. Les débats parlementaires s'annoncent serrés.

Cette réforme fiscale s'inscrit dans un contexte où plusieurs pays européens ont récemment ajusté leur fiscalité pour rester compétitifs, tout en devant faire face à des besoins de financement public croissants. Le Danemark, qui affiche traditionnellement un taux d'imposition élevé, semble vouloir s'engager dans une voie plus libérale, sans pour autant renoncer à son modèle de protection sociale, selon les premières déclarations des membres de la coalition.