Mette Frederiksen, chef du gouvernement sortant au Danemark, a officialisé lundi 1er juin la constitution d’une coalition de gauche, mettant fin à plus de deux mois de négociations post-électorales. L’annonce a été faite après un entretien avec le roi Frederik X, dans la municipalité d’Odense.

« J’ai annoncé qu’un gouvernement pouvait être formé, après de longues négociations », a déclaré la dirigeante devant la presse. Elle doit présenter le programme de l’exécutif mardi 2 juin et dévoiler la composition de son équipe mercredi.

Une coalition à quatre partis

Le nouvel attelage gouvernemental réunit le Parti social-démocrate (Socialdemokratiet), que dirige Mette Frederiksen, le Parti populaire socialiste (SF – Socialistisk Folkeparti), le parti de centre-gauche Radikale Venstre et les Modérés (Moderaterne), une formation centriste. Selon le communiqué publié par le palais royal, ces quatre formations totalisent 82 sièges sur les 179 que compte le Parlement danois (Folketinget). Ce total est insuffisant pour atteindre la majorité absolue (90 sièges), mais les médias danois indiquent que l’Alliance rouge-verte (Enhedslisten) pourrait apporter son soutien à la coalition, sans toutefois en faire partie.

Mette Frederiksen a souligné la détermination de la future équipe : « Je pense que tout le monde sera surpris de voir à quel point nous sommes déterminés », a-t-elle ajouté. Elle a également décrit le programme comme étant « bon tant pour les personnes qui vivent au Danemark que pour les générations à venir, ainsi que pour les animaux », une allusion aux débats sur l’élevage industriel porcin qui ont marqué la campagne électorale.

Un troisième mandat, un score historiquement bas

Pour la social-démocrate, il s’agit d’un troisième mandat consécutif à la tête du gouvernement danois, qu’elle dirige depuis 2019. Ce résultat intervient pourtant alors que son parti a enregistré, lors des élections législatives du 24 mars, son plus mauvais score depuis 1903. Les sociaux-démocrates n’ont obtenu que 38 sièges, mais ils restent la première force politique du pays. Cette position de premier parti leur a permis de mener les négociations pour former une coalition.

Les tractations, qualifiées de « longues » par la Première ministre, reflètent la fragmentation du paysage politique danois, où aucune formation ne dispose d’une majorité absolue. L’équilibre trouvé repose sur un axe allant de la gauche sociale-écologiste au centre, avec le soutien probable de la gauche radicale. Ce dispositif devrait permettre à Mette Frederiksen de gouverner sans être dépendante des partis de droite, qui avaient espéré profiter du recul social-démocrate.

Le programme présenté mardi devrait détailler les priorités du nouveau gouvernement, notamment en matière de transition écologique, de bien-être animal et de protection sociale. La question de l’élevage porcin, sujet clé de la campagne, pourrait faire l’objet de premières mesures concrètes.