Le président Donald Trump a choisi le cadre majestueux du mont Rushmore, dans le Dakota du Sud, pour une allocution marquant la veille du 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Devant une foule nombreuse et sous un ciel orageux, il a mêlé un vibrant hommage aux fondateurs du pays à une charge virulente contre ses opposants, qu’il a accusés de promouvoir une idéologie « communiste ». Ce discours, intervenu à quatre mois des élections de mi-mandat, visait à durcir la ligne de l’administration face à l’aile progressiste du Parti démocrate, qui gagne du terrain dans l’électorat libéral.
Le chef de l’État a débuté son intervention sur un ton résolument optimiste, dépeignant les États-Unis comme « la plus grande société de l’histoire de la civilisation ». Il a déclaré : « Vous vivez dans un endroit très spécial – félicitations à tous », suscitant l’enthousiasme de l’assistance. Puis, il a progressivement infléchi son propos pour dénoncer des menaces intérieures. Selon lui, certains voudraient imposer d’autres langues que l’anglais, tandis que d’autres chercheraient à confisquer les armes des citoyens. Il a promis de ne jamais laisser ces scénarios advenir.
Un réquisitoire contre le « communisme »
Donald Trump a martelé le mot « communisme » à de multiples reprises, au point que plusieurs observateurs ont relevé une tonalité rappelant la guerre froide. Il a affirmé que le communisme « est l’ennemi du 4 juillet 1776 », le qualifiant de menace plus grave que l’attaque de Pearl Harbor ou les attentats du 11 septembre 2001. Citant Karl Marx, il a déclaré : « Le communisme est l’exact opposé de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur. C’est la mort, la tyrannie et la poursuite du mal. »
Le président a également appelé le Congrès à adopter la loi qu’il a baptisée « SAVE America Act », qui renforcerait les exigences en matière de carte d’identité pour voter, rendant le processus électoral plus restrictif. Il a réclamé la suppression de l’obstruction parlementaire (filibuster) pour faciliter cette adoption. Il a prévenu que la majorité républicaine risquait de perdre les élections de novembre si elle se montrait « stupide et imprudente ».
Un décor spectaculaire et une météo capricieuse
Le spectacle offert au public n’a pas été en reste. Avant l’arrivée du président, des hélicoptères militaires ont survolé le site, tandis que des haut-parleurs diffusaient des morceaux de rock emblématiques (AC/DC, Lynyrd Skynyrd). Un bombardier B52 a également fendu le ciel. Alors que le soleil disparaissait, des projecteurs ont illuminé les quatre visages granitiques des présidents Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln, sculptés près d’un siècle plus tôt.
Mais la météo a ajouté une note dramatique : des orages et des éclairs ont traversé la région, accompagnés de grêlons de la taille de balles de ping-pong. L’odeur des pins ponderosa imprégnés d’eau de pluie a envahi les lieux. Les spectateurs, protégés sous des parapluies, se sont réfugiés dans une boutique de souvenirs et un café. Certains commentateurs ont noté que les visages des présidents semblaient pleurer sous la pluie.
Un précédent en 2020
Il y a six ans, jour pour jour, M. Trump s’était déjà exprimé au même endroit, en pleine pandémie de Covid-19 et après la mort de George Floyd. À l’époque, il avait mis en garde contre une « nouvelle extrême gauche fasciste ». Cette fois, il a changé de cible idéologique, passant du « fascisme » au « communisme ». Ce choix rhétorique s’inscrit dans une stratégie de l’administration visant à diaboliser ses adversaires avant un scrutin décisif.
Le président devait participer aux célébrations officielles du 4 juillet à Washington le lendemain. Son discours à Mount Rushmore a été perçu comme un prélude à une campagne électorale qui s’annonce féroce, avec des démocrates progressistes de plus en plus audibles et une base républicaine à mobiliser.