Samedi soir à Budapest, le Paris Saint-Germain tentera de devenir la deuxième équipe de l'histoire à conserver son titre de champion d'Europe. Au cœur de cette ambition, un nom s'est imposé comme une évidence : Willian Pacho. Le défenseur central équatorien, quasiment inconnu du grand public à son arrivée en 2024, est devenu un rouage essentiel du dispositif de Luis Enrique.
Né dans le dénuement à Quinindé, dans la province d'Esmeraldas, une région de la côte pacifique équatorienne marquée par la violence des narcotrafiquants, Pacho a forgé son caractère dans l'adversité. Ses premiers pas dans le football se sont déroulés dans son quartier, avant qu'il ne porte les couleurs du club amateur local, le Huracán de Quinindé. C'est à l'adolescence que sa vie bascule : les recruteurs d'Independiente del Valle, l'académie la plus réputée d'Équateur, repèrent le jeune homme. Cette formation, qui a notamment révélé Moisés Caicedo, lui offre une rampe de lancement vers l'Europe.
À 20 ans, Pacho traverse l'Atlantique pour rejoindre le Royal Antwerp, en Belgique. Il révèle ensuite l'étendue de son talent en Bundesliga avec l'Eintracht Francfort, où il se fait remarquer sur la scène continentale. L'été suivant, le PSG investit 45 millions d'euros pour faire de lui le premier Équatorien de l'histoire du club. Un pari audacieux, porté par le conseiller sportif Luis Campos, qui cherchait un joueur capable d'épauler Marquinhos et de suppléer durablement Presnel Kimpembe, alors gêné par des blessures à répétition.
Le journaliste spécialiste du football Karim Baldé souligne que ce recrutement suscitait des interrogations à l'époque : « C'était le point d'interrogation à son arrivée. Un transfert coûteux, un joueur peu connu du grand public, et un besoin précis à combler. » Pourtant, le natif de Quinindé a rapidement dissipé les doutes. Son calme, sa sérénité et son économie de gestes en font un défenseur fiable, que ses entraîneurs décrivent comme un joueur d'une maturité rare.
Interrogé sur le numéro 51 qu'il arbore, Pacho livre une confidence poignante : « J'ai longtemps porté ce numéro à Independiente del Valle, puis à Antwerp, et je m'y suis attaché. Mais la raison principale est liée à ma mère : elle est décédée à l'âge de 51 ans. Porter ce numéro est une manière de lui rendre hommage. Cela me donne de la force à chaque match. » Une réponse sobre, à l'image de son jeu.
Lorsqu'on le félicite pour ses performances, le défenseur préfère mettre en avant le collectif : « Sans cette équipe, je ne serais pas un grand défenseur. Jouer avec Marquinhos, Nuno Mendes... Toute l'aide qu'on m'a donnée ici. » Cette humilité tranche avec le statut qu'il a acquis au fil du parcours en Ligue des champions la saison passée, où il a été l'un des piliers de la conquête du titre.
Samedi, face à Arsenal – qui dispute sa première finale de C1 après vingt ans d'absence – Pacho aura la lourde tâche de contenir les assauts des Gunners, menés par Mikel Arteta. Le club londonien rêve de décrocher sa première Coupe aux grandes oreilles, mais les Parisiens arrivent en Hongrie forts de leur expérience et de leur charnière défensive, avec Pacho comme élément central. Pour le gamin de Quinindé, ce match représente l'aboutissement d'un parcours hors du commun, lui qui n'aurait jamais imaginé, enfant, fouler la pelouse d'une finale de Ligue des champions.