Plusieurs milliers de personnes ont convergé, dimanche 19 juillet, vers le périmètre frontalier séparant Israël de la bande de Gaza. Selon les informations recueillies sur place, les participants entendaient faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il autorise le retour des colonies juives dans l'enclave palestinienne, une option qui divisait jusqu'alors la classe politique.
Parmi les manifestants figuraient plusieurs ministres issus des formations d'extrême droite de la coalition au pouvoir. Leur présence, en tête du cortège, a donné à cette mobilisation une dimension politique immédiate, alors que l'exécutif est déjà considéré comme l'un des plus à droite de l'histoire du pays.
Une revendication ancienne remise au goût du jour
Ce rassemblement n'est pas un fait isolé. Il s'inscrit dans une série d'actions, organisées ces dernières années, visant à raviver la demande de repeuplement juif de Gaza. Des groupes pro-colonies avaient déjà, par le passé, défilé jusqu'à la frontière pour enjoindre le Premier ministre Benyamin Nétanyahou de revenir sur le retrait unilatéral de 2005, qui avait abouti à l'évacuation des 8 000 colons installés dans le territoire.
Les slogans scandés lors de la marche reprenaient le thème de l'appartenance biblique et historique de la terre de Gaza au peuple juif. Un des manifestants, interrogé sur place, a affirmé que « cette terre nous appartient » et que « le moment est venu de rétablir la souveraineté israélienne sur l'ensemble de la bande ».
Un contexte sécuritaire et diplomatique tendu
La démonstration de force intervient alors que les opérations militaires israéliennes se poursuivent dans Gaza, déclenchées après les attaques du 7 octobre 2023. L'offensive, qui a fait des dizaines de milliers de morts selon les autorités locales, a provoqué une grave crise humanitaire et suscité des condamnations internationales, y compris de la part de certains alliés d'Israël.
Plusieurs organisations de défense des droits humains ont dénoncé ce qu'elles qualifient de « génocide » – un terme que le gouvernement israélien rejette catégoriquement. Dans ce contexte, l'idée d'un retour des implantations juives suscite une forte opposition de la part de la communauté internationale, qui considère les colonies comme illégales au regard du droit international.
Quel avenir pour la revendication coloniale ?
La question du rétablissement des colonies n'est pas officiellement à l'ordre du jour du gouvernement Nétanyahou, mais plusieurs de ses membres, issus de la droite dure, l'ont ouvertement défendue. Certains analystes estiment que la pression exercée par ces marches pourrait accélérer un débat politique interne, bien que le Premier ministre n'ait pour l'instant pris aucun engagement en ce sens.
À ce stade, le parti au pouvoir n'a pas réagi officiellement à la mobilisation de dimanche. Les participants, eux, ont promis de nouvelles actions si leurs demandes n'étaient pas entendues. La marche s'est achevée sans incident, les forces de sécurité ayant maintenu un cordon à distance de la barrière frontalière.