La tenue des négociations climatiques internationales à Bonn, en Allemagne, est entachée par une controverse diplomatique : des délégués africains n'ont pas reçu les visas nécessaires pour se rendre sur place. Berlin est accusée de les avoir exclus des discussions qui doivent préparer la prochaine conférence des parties (COP) en fin d'année.
Plusieurs sources concordantes font état de demandes de visa déposées par des experts, des représentants de la société civile et des négociateurs gouvernementaux issus de pays africains qui ont été rejetées ou n'ont pas été traitées à temps. Les autorités allemandes n'ont pas confirmé officiellement ces blocages, mais des diplomates présents dans la ville rhénane dénoncent une situation « inacceptable » qui compromet la représentativité des débats.
Des accusations de discrimination
Des participants déplorent que le pays hôte ait fait preuve d'une lenteur excessive dans le traitement des dossiers, voire d'une obstruction délibérée. « C'est une manière de tenir les voix du Sud à l'écart », a déclaré un porte-parole d'un groupe de pays africains, qui a requis l'anonymat. « Nous parlons de l'avenir de la planète, et ceux qui subissent le plus durement le changement climatique ne peuvent même pas franchir la porte de la salle de réunion. »
Le blocage des visas intervient alors que l'Allemagne insiste sur son rôle de leader dans la lutte contre le réchauffement climatique et qu'elle accueille cette session préparatoire charnière. La contradiction entre les discours volontaristes et les obstacles administratifs rencontrés par les délégués du continent africain alimente un sentiment de frustration.
Un précédent récurrent
Il ne s'agit pas d'un incident isolé. Par le passé, d'autres conférences onusiennes organisées en Europe avaient déjà été marquées par des difficultés d'obtention de visas pour des représentants de pays en développement. Les critiques soulignent que ces entraves contreviennent au principe d'inclusivité qui doit présider aux négociations climatiques, censées associer toutes les nations, grandes et petites, riches et pauvres.
Un impact sur la crédibilité des pourparlers
La question de la légitimité des accords qui sortiront de ces négociations est posée. Si des acteurs majeurs – les pays africains représentent une part importante des populations vulnérables et des émetteurs de gaz à effet de serre en forte croissance – ne peuvent pas y prendre part, leurs positions risquent d'être mal représentées. Plusieurs observateurs estiment que ce dysfonctionnement affaiblit la portée des engagements qui pourront être pris.
Les autorités allemandes, interrogées, n'ont pas encore apporté de réponse détaillée sur les raisons de ces refus ou retards. En attendant, les négociations se poursuivent à Bonn avec un éventail de participants réduit et une atmosphère alourdie par ces accusations.