Un drame est survenu au Venezuela dans la foulée des séismes dévastateurs qui ont secoué le pays fin juin. Un vol transportant 146 Vénézuéliens expulsés des États-Unis a atterri à l'aéroport principal du pays environ huit heures avant que la terre ne se mette à trembler violemment, plongeant les déportés dans une situation catastrophique.
Les autorités vénézuéliennes avaient accueilli les arrivants — 120 hommes, 19 femmes et 7 enfants — après des semaines passées dans des centres de détention américains. Des images soigneusement mises en scène avaient été diffusées pour célébrer leur retour. Mais la majeure partie, sinon la totalité du groupe, a ensuite été transportée vers un centre de rétention géré par l'État, perché sur une colline à La Guaira, où ils devaient passer la nuit avant d'être libérés le lendemain, après leur enregistrement, selon deux déportés.
Alors que le jour déclinait, le bâtiment a commencé à tanguer. Ce qui devait être un retour au pays, amer mais attendu, s'est transformé en tragédie. À l'intérieur, les déportés ont hurlé et tenté de fuir tandis que les murs et les plafonds s'effondraient autour d'eux, ensevelissant la plupart sous un énorme amas de décombres, ont relaté deux survivants.
Parmi eux, Ninoska Gutiérrez Rodríguez, 45 ans, a raconté s'être précipitée hors de la pièce où elle se trouvait avec d'autres femmes au rez-de-chaussée. Elle a dévalé un couloir, poussée et tirée par d'autres déportés désespérés de s'échapper, lorsqu'un mur a écrasé ses jambes. De nombreux autres occupants du centre de rétention sont présumés morts, les secouristes tentant toujours de localiser les disparus sous les gravats.
Les secousses telluriques, survenues les 26 et 29 juin, ont ravagé de vastes zones du Venezuela, faisant plusieurs milliers de victimes et des dégâts matériels considérables. Le centre de rétention de La Guaira, qui devait servir de halte avant le retour des déportés dans leurs communautés d'origine, a été particulièrement touché.
Les autorités américaines n'ont pas encore communiqué officiellement sur le sort de ces personnes expulsées peu avant la catastrophe. Les familles des disparus, en contact avec les deux survivants, expriment leur angoisse et leur colère, estimant que leurs proches ont été envoyés dans une situation dangereuse sans mesure de protection adéquate. Les opérations de recherche et de déblaiement se poursuivent, mais le bilan devrait encore s'alourdir dans les jours à venir.