Deux chasseurs Rafale de l’armée de l’Air et de l’Espace ont intercepté plusieurs appareils russes en vol au-dessus de la mer Baltique, mardi 2 juin, dans le cadre de la mission de police aérienne menée sous commandement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan).
L’opération, coordonnée depuis la base aérienne lituanienne de Šiauliai, a mobilisé au total quatre avions de chasse — deux Rafale français et deux Gripen suédois — qui ont réalisé plusieurs interceptions visant six aéronefs militaires russes évoluant dans la zone de responsabilité balte, selon des informations communiquées par le commandement de l’air de l’Alliance et l’État-Major des armées.
Six appareils russes identifiés
Les Rafale ont pris en charge trois chasseurs de type Sukhoï — un Su-35, un Su-24 et un Su-34 — ainsi qu’un avion de transport Il-76. De leur côté, les Gripen ont intercepté deux appareils de reconnaissance, un An-12 et un An-30. Les équipages français et suédois ont mené une surveillance de la situation sans chercher l’escalade, raccompagnant ensuite les aéronefs russes jusqu’à ce qu’ils quittent la zone.
Aucun contact radio n’a eu lieu entre les pilotes des deux camps durant cette intervention.
Déploiement depuis le 1er avril
Les quatre Rafale français, accompagnés d’une centaine d’aviateurs, sont déployés en Lituanie depuis le 1er avril dans le cadre de la mission « Baltic Air Policing 71 », destinée à renforcer la sécurité aérienne sur le flanc est de l’Europe. Les chasseurs sont placés sous le commandement opérationnel de l’Otan, et c’est l’Allemagne qui transmet les ordres de décollage et d’interception.
Cette mission s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes dans l’espace aérien bordant les frontières de l’Alliance. En septembre 2025, quatre avions russes avaient violé l’espace aérien estonien, provoquant une condamnation de Tallinn pour « violations répétées du droit international ». Plus récemment, le 29 mai 2026, un drone militaire russe a explosé sur le toit d’un immeuble à Galati, en Roumanie, sans que Bucarest ne qualifie l’incident d’attaque.
Des incursions qui inquiètent
Ces survols suscitent une vigilance accrue des pays membres de l’Otan. Le 31 octobre 2025, la détection de drones dans l’espace aérien allemand avait entraîné la suspension des vols à l’aéroport de Berlin pendant près de deux heures. L’interception du 2 juin rappelle la permanence des missions de police aérienne assurées par les forces alliées pour préserver l’intégrité de l’espace aérien de l’Otan.