Deux militaires américains ont été tués et un autre est porté disparu après une attaque iranienne menée vendredi contre une base aérienne en Jordanie, a annoncé le Commandement central des États-Unis (Centcom). Quatre autres soldats, blessés lors de l'assaut, ont été évacués vers des hôpitaux jordaniens avant d'être autorisés à repartir. Plusieurs autres membres des forces armées ont subi des blessures légères et ont repris leurs fonctions.

Selon des responsables américains qui se sont exprimés sous couvert d'anonymat, l'attaque a été réalisée à l'aide de missiles balistiques et de drones, visant la base aérienne Muwaffaq Salti, située à Azraq, dans l'est de la Jordanie. Au moins un missile a réussi à franchir les défenses antiaériennes américaines et jordaniennes, causant les pertes humaines. Il s'agit du quatrième assaut iranien en cinq jours contre les forces américaines stationnées en Jordanie. Les précédentes frappes avaient touché une base à l'est du pays, endommageant plusieurs hélicoptères Blackhawk, et une autre installation près d'Azraq, faisant une vingtaine de blessés.

Un conflit qui s'enlise

Ces décès portent à seize le nombre total de soldats américains tués depuis le début des hostilités entre Washington et Téhéran, le 28 février. Plus de 430 militaires ont également été blessés dans ce conflit, selon le Centcom. La dernière perte américaine remontait au début du mois, lorsqu'un pilote d'hélicoptère de la Marine avait été déclaré mort après un atterrissage d'urgence en mer d'Arabie.

Le président Donald Trump a réaffirmé son intention de venger la mort de tout soldat américain. Selon des informations concordantes, l'armée américaine a déjà lancé une septième nuit consécutive de frappes contre des cibles en Iran. Le chef de l'État aurait indiqué son intention d'intensifier les bombardements dans les prochains jours, en visant notamment des infrastructures iraniennes telles que des ponts, des centrales électriques et des réseaux de distribution.

La réaction de Téhéran

De son côté, le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a répondu samedi par une menace explicite. Dans un message écrit diffusé par la télévision d'État, il a prévenu que les États-Unis recevraient des « leçons inoubliables » s'ils poursuivaient leurs attaques contre la République islamique. Il a également jugé que la signature du président Trump sur le protocole d'accord d'Islamabad, conclu en juin pour un cessez-le-feu, était « sans valeur et invalide ».

Quelques heures plus tôt, un négociateur iranien, Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères, avait annoncé que Téhéran suspendait ses engagements pris dans le cadre de cet accord intérimaire, accusant Washington de ne pas respecter les siens. Cette décision fragilise un peu plus les espoirs de paix déjà minces.

La Jordanie, nouveau théâtre d'affrontements

La Jordanie, qui abrite d'importantes bases aériennes américaines, est devenue un enjeu central du conflit. Le Pentagone y avait transféré des troupes depuis Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar au début de la guerre, estimant le territoire relativement sûr. Mais depuis début juillet, l'Iran a élargi ses frappes au royaume hachémite, en réponse aux bombardements américains. Les autorités jordaniennes ont indiqué avoir intercepté dix missiles iraniens dans la nuit de vendredi, sans faire état de dégâts au sein de la population civile.

Parallèlement, les combats se sont intensifiés autour du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale par laquelle transitait un cinquième du pétrole brut mondial avant le conflit. Des frappes iraniennes ont également touché une usine de dessalement et une installation pétrolière au Koweït, aggravant les risques pour les infrastructures civiles et l'économie mondiale.

Les deux camps semblent désormais engagés dans une escalade qui réduit les perspectives d'une reprise des négociations. Aucune nouvelle médiation n'a été annoncée.