Le complexe de loisirs de Disneyland Paris, inauguré en 1992, continue de porter le poids financier de sa création. Une analyse de documents comptables récents montre que la Walt Disney Company n'a toujours pas récupéré 4,2 milliards de dollars (environ 3,6 milliards d'euros) investis dans le site de Marne-la-Vallée, révèlent des données publiées le 4 juin.

Ce déficit structurel trouve son origine dans les conditions de naissance du parc. En mars 1987, la société Euro Disney Associés (EDA) a signé avec l'État français un contrat de partenariat public-privé pour acquérir 22,3 km² de terrain. L'accord prévoyait que le gouvernement détiendrait 51 % du capital, ne laissant que 49 % à la firme américaine. Cette configuration a empêché Disney d'injecter des fonds propres à hauteur de ses pratiques habituelles. Près de 60 % des coûts totaux ont dû être couverts par des emprunts bancaires, générant un endettement rapide et durable.

Le deuxième parc, ouvert en 2002, a subi de plein fouet la chute du tourisme consécutive aux attentats du 11 septembre 2001. Une nouvelle période de faible fréquentation a frappé le site en 2015-2016, après les attaques de Charlie Hebdo et du 13 novembre 2015 à Paris. Ces chocs extérieurs ont repoussé à plusieurs reprises l'horizon d'une rentabilité complète. La société mère a finalement racheté l'intégralité d'Euro Disney Associés, remboursant les prêts bancaires et acquérant les parts des actionnaires minoritaires. Le parc était alors proche d'équilibrer ses comptes lorsque la pandémie de Covid-19 a provoqué une nouvelle interruption brutale de l'activité.

Des performances commerciales au plus haut

Malgré ce passif, la destination touristique affiche une santé commerciale éclatante. Quelque 16 millions de visiteurs fréquentent chaque année les deux parcs. L'exercice clos le 30 septembre 2025 a enregistré un chiffre d'affaires record de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros), en hausse de 8,4 % par rapport à l'année précédente. Ce montant constitue la meilleure performance de tous les parcs Disney situés hors des États-Unis.

Le bénéfice net d'EDA a atteint 260 millions d'euros en 2025, soit trois fois plus qu'en 2024. Cette progression exceptionnelle a été portée par l'introduction d'une tarification dynamique, qui ajuste les prix en fonction de la demande. Les visiteurs dépensent davantage dans les hôtels, les restaurants et les produits dérivés. La branche parcs à thème de Disney a généré près de 40 % du chiffre d'affaires total du groupe, qui s'est élevé à 94,4 milliards de dollars, et 57 % de son résultat opérationnel de 17,6 milliards de dollars.

Un nouvel investissement colossal

Fin mars 2026, Disneyland Paris a inauguré une extension thématique consacrée au film d'animation La Reine des neiges. Cet agrandissement, le plus vaste jamais réalisé sur le site, a nécessité un investissement de 2 milliards de dollars (environ 1,7 milliard d'euros). Le nouveau directeur général de Disney, Josh D'Amaro, a participé à la cérémonie d'ouverture en compagnie du président de la République, Emmanuel Macron.

L'avenir financier du complexe demeure toutefois suspendu à l'épaisse dette historique. Les analystes s'interrogent sur la capacité du groupe à combler le déficit accumulé, même si les résultats récents témoignent d'une nette amélioration de la rentabilité opérationnelle.