Arlette Testyler, rescapée de la rafle du Vélodrome d’Hiver et présidente de l’Union des déportés d’Auschwitz, est décédée ce vendredi 12 juin à l’âge de 93 ans, a annoncé la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Née à Paris en 1933, elle est arrêtée le 16 juillet 1942 avec sa mère Malka et sa sœur Madeleine. Conduite au Vélodrome d’Hiver, elle est ensuite internée au camp de transit de Beaune-la-Rolande, d’où les trois femmes parviennent à s’évader. Sa sœur et elle sont ensuite cachées à Vendôme (Loir-et-Cher) par Jeanne et Jean Philippeau, un couple reconnu Justes parmi les Nations en 2025. Leur père a été déporté et assassiné à Auschwitz.
Présidente depuis 2024
Arlette Testyler avait pris la présidence de l’Union des déportés d’Auschwitz à la fin de l’année 2024. Elle intervenait régulièrement dans les établissements scolaires, les lieux de mémoire et les cérémonies commémoratives pour transmettre son témoignage.
« Je veux appeler l’Histoire pour repousser l’ombre froide de l’oubli et de l’ignorance », avait-elle déclaré lors de la reconnaissance des Philippeau. « Désormais, la mémoire est une ligne de résistance » car « la vague remonte, en particulier en Europe », avait-elle ajouté.
Hommages unanimes
Ariel Goldman, président du Fonds social juif unifié (FSJU), a salué « une voix essentielle de notre mémoire collective, celle d’une enfant du Vel’ d’Hiv devenue, tout au long de sa vie, une passeuse infatigable de vérité, de courage et d’humanité ». Pour lui, elle a « consacré son existence à raconter l’indicible, à dire l’injustice subie par les siens, et à transmettre aux jeunes générations l’exigence du souvenir ».
Avec la disparition d’Arlette Testyler, s’éteint l’un des derniers témoins directs de la rafle du Vel’ d’Hiv, symbole de la persécution des Juifs de France sous l’Occupation.