Donald Trump a annoncé samedi la nomination de Lance Schroyer à la tête de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence fédérale en première ligne de sa campagne d’expulsions massives. L’ancien policier de l’Oklahoma, âgé de 52 ans, compte vingt-neuf ans d’expérience dans les forces de l’ordre, dont une partie comme trooper de la highway patrol de l’État, et a servi dans le corps des Marines des États-Unis.

Sur son réseau Truth Social, le président a salué « les hommes et les femmes de l’ICE » et affirmé que Schroyer possède « ce qu’il faut pour DÉTENIR ET EXPULSER les criminels immigrés illégaux, y compris les meurtriers, les violeurs et les trafiquants de drogue à un rythme jamais vu auparavant ». Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a lui aussi appuyé le choix, soulignant que Schroyer « vient directement du terrain opérationnel » et a travaillé « aux côtés de partenaires étatiques et fédéraux pour expulser les immigrés illégaux de l’Oklahoma dans le cadre du programme 287(g) ». Ce dispositif permet au gouvernement fédéral de déléguer certaines missions de contrôle de l’immigration aux forces de l’ordre locales.

Un poste vacant depuis 2017

Si le Sénat confirme sa nomination, Lance Schroyer deviendrait le premier directeur de l’ICE confirmé par la Chambre haute depuis le premier mandat de Donald Trump. L’agence était dirigée par des intérimaires, dont l’actuel directeur par intérim David Venturella, depuis 2017. Schroyer est un novice en matière de direction d’agence fédérale, et son expérience sera vraisemblablement examinée de près lors des auditions de confirmation.

Une nomination qui s’inscrit dans une politique migratoire durcie

Ce choix intervient alors que l’administration Trump accentue sa politique de lutte contre l’immigration irrégulière. Le programme 287(g), que Schroyer a mis en œuvre en Oklahoma, est régulièrement critiqué par les organisations de défense des droits des migrants, qui y voient un risque de profilage racial. La nomination de Schroyer intervient également dans un contexte de tensions autour des centres de détention américains, après que le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a réclamé une enquête sur la mort de migrants dans ces installations.

Une procédure de confirmation incertaine

Le parcours de Schroyer devra franchir l’étape du Sénat, où la majorité républicaine est étroite. Plusieurs sénateurs démocrates ont déjà exprimé des réserves sur la nomination d’un responsable sans expérience fédérale de haut niveau à un poste clé de la lutte contre l’immigration. La commission judiciaire du Sénat examinera son dossier dans les prochaines semaines.