Un civil tué par un drone israélien dans le sud du Liban

Une frappe de drone israélien a coûté la vie à une personne ce samedi 27 juin dans le sud du Liban, a annoncé le ministère libanais de la Santé. L'agence de presse nationale libanaise a précisé que l'attaque avait visé la localité de Nabatieh al-Fawqa, provoquant également au moins deux blessés. L'armée israélienne a justifié cette action en affirmant avoir ciblé un individu qui représentait une menace pour ses soldats, sans fournir de détails supplémentaires.

Cet incident survient à peine vingt-quatre heures après la conclusion, à Washington, d'un accord entre les deux pays sous l'égide des États-Unis. Présenté comme une feuille de route vers une paix durable, ce texte en quatre points prévoit notamment le retrait des forces israéliennes de la zone située au sud du fleuve Litani et le déploiement exclusif de l'armée libanaise sur ce territoire. Il autorise toutefois Israël à maintenir sa présence dans une zone de sécurité élargie au sud du Liban.

Le Hezbollah dénonce un « accord humiliant »

Dès le lendemain de la signature, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a violemment pris position contre ce qu'il a qualifié d'« accord humiliant, honteux et d'abandon de la souveraineté ». Dans une déclaration publique, il a jugé le texte « nul et non avenu ». Il a particulièrement critiqué les clauses liant le retrait israélien au désarmement de son mouvement, estimant qu'elles franchissent « toutes les lignes rouges ». Selon lui, les autorités libanaises ont commis une « grave erreur qui pourrait même conduire à l'annexion de ces terres ». Il a promis que le Hezbollah poursuivrait sa résistance armée.

De son côté, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a salué l'accord comme « historique » et « un coup dur porté à l'Iran et au Hezbollah ». Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a ordonné à ses troupes de « se préparer à une présence prolongée dans la zone de sécurité », une région s'étendant jusqu'à dix kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Un regain de tension après une trêve fragile

Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte déjà extrêmement tendu. Le Liban est entré en guerre le 2 mars dernier, lorsque le Hezbollah, soutenu par l'Iran, a tiré des missiles sur Israël en représailles à une frappe israélienne ayant tué le guide suprême iranien. L'État hébreu a répliqué par une campagne aérienne intensive et une invasion terrestre dans le sud du pays. Une première trêve négociée par les États-Unis le 16 avril n'a pas tenu. Début juin, les deux parties avaient accepté de renouveler un cessez-le-feu déjà chancelant, avec la promesse américaine d'aider à créer des « zones pilotes » sous contrôle exclusif de l'armée libanaise.

Les bilans humains sont lourds : selon le ministère libanais de la Santé, au moins 4 192 personnes ont péri et plus de 11 600 ont été blessées depuis le début des hostilités, tandis que 1,2 million d'habitants ont été déplacés. Côté israélien, 36 soldats et quatre civils ont perdu la vie des deux côtés de la frontière.

En rejetant l'accord et en maintenant ses capacités militaires, le Hezbollah place le gouvernement libanais dans une position délicate, alors que l'État hébreu semble déterminé à conserver un contrôle militaire sur une bande de territoire libanaise. La fragilité des pourparlers de paix apparaît plus que jamais évidente.