Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé mercredi 8 juillet, lors du sommet de l'OTAN à Ankara, en Turquie, que l'accord de cessez-le-feu préliminaire conclu avec l'Iran en juin était désormais caduc. Interrogé sur l'état de la trêve, il a répondu : « Pour moi, je pense que c'est fini. » Il a qualifié les dirigeants iraniens de « nuisibles », de « gens malades » et d'« oiseaux », ajoutant : « Je ne veux plus avoir affaire à eux. » Il a toutefois laissé entendre que les négociateurs américains pourraient poursuivre les pourparlers si Téhéran le souhaitait, tout en jugeant ces discussions « une perte de temps ».

Cette annonce fait suite à une nouvelle escalade des hostilités. Dans la nuit de mardi à mercredi, les États-Unis ont mené des frappes « puissantes » contre des cibles en Iran, en représailles à des attaques iraniennes contre trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Le Commandement central américain (Centcom) a précisé que plus de 80 « cibles » avaient été visées. En riposte, l'Iran a affirmé avoir pris pour cible 85 sites militaires américains au Bahreïn et au Koweït, et avoir abattu un drone américain MQ-9. Les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué ces actions, selon des médias d'État.

Des représailles mutuelles et des accusations croisées

Les frappes iraniennes, annoncées par Téhéran, visaient des bases abritant des forces américaines dans les deux monarchies du Golfe. Le porte-parole du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé Washington de « violations majeures » du protocole d'accord signé le 17 juin, qui prévoyait un cessez-le-feu et la libre circulation des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz. « L'ère de l'intimidation et de l'extorsion est révolue. Cela ne mène nulle part. Nous ne plions pas », a-t-il déclaré.

De son côté, l'administration Trump a révoqué la suspension temporaire des sanctions sur les ventes de pétrole iranien, une concession majeure accordée dans le cadre de la trêve de juin. Le gouvernement américain accuse l'Iran de ne pas avoir respecté son engagement de rouvrir le détroit d'Ormuz, une artère vitale pour le transport pétrolier, ce que Téhéran dément.

Impact économique immédiat

Les déclarations du président Trump et la reprise des combats ont provoqué une hausse significative des prix du pétrole. Le cours du baril a bondi d'environ 6 %, dépassant les 78 dollars, son plus haut niveau depuis plus de deux semaines. Les contrats à terme sur les actions américaines ont également reculé, reflétant l'inquiétude des investisseurs face à la dégradation des perspectives de paix au Moyen-Orient. Malgré cette flambée, les prix restent inférieurs aux pics atteints lors de la fermeture complète du détroit d'Ormuz plus tôt dans le conflit.

Des négociations interrompues

L'accord préliminaire du 17 juin, qui comprenait 14 points, prévoyait « l'arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts » et un engagement iranien à « user de ses meilleurs efforts pour le passage en toute sécurité des navires commerciaux sans frais pendant 60 jours ». Les négociations en vue d'un accord de paix permanent étaient en cours, mais elles avaient été suspendues en raison des cérémonies funéraires de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien tué le premier jour des frappes américano-israéliennes. Ces cérémonies se poursuivent en Irak mercredi, et l'enterrement final est prévu à Machhad, dans le nord-est de l'Iran, jeudi.

Interrogé sur la reprise éventuelle des pourparlers après les funérailles, Donald Trump a répondu : « Je m'en fiche. Franchement, je ne veux pas perdre mon temps avec eux. » Il a ajouté : « Nos merveilleux négociateurs peuvent continuer à parler s'ils le veulent, mais je ne vois pas l'intérêt. »

Un avenir incertain pour la trêve

Ni Washington ni Téhéran n'ont formellement dénoncé l'accord de cessez-le-feu, mais la dernière escalade rend son avenir très incertain. Les deux parties ont déjà rompu la trêve à plusieurs reprises depuis sa signature, notamment le 25 juin, lorsque les États-Unis avaient lancé des frappes après qu'un projectile iranien avait touché un cargo. Un « cessez-le-feu » avait alors été rétabli le 29 juin. Cette fois, la suspension des pourparlers et les propos du président américain jettent un doute sérieux sur la possibilité de maintenir l'accalmie.

Le conflit, qui a débuté le 28 février par des frappes conjointes américaines et israéliennes, a déjà fait des milliers de victimes et déstabilisé l'ensemble de la région. La communauté internationale suit avec inquiétude cette nouvelle escalade, redoutant une reprise généralisée des hostilités.