Le processus de renégociation de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) a été brusquement perturbé par une déclaration du président américain. Interrogé sur les discussions en cours visant à prolonger le pacte commercial, il a affirmé ne pas savoir s'il allait le renouveler, selon des propos rapportés mercredi. Cette intervention intervient à un moment où les trois partenaires entament à peine des pourparlers sur l'avenir de l'accord qui régit une grande partie des échanges sur le continent.

Le chef de l'État a développé son propos en répétant que les États-Unis n'avaient nul besoin ni du Canada ni du Mexique, pourtant les deux premiers partenaires commerciaux du pays. Il a soutenu que Washington ne dépend d'aucun produit de ses voisins, citant pêle-mêle les automobiles, le bois d'œuvre, les ressources énergétiques, et affirmant à l'inverse que ces deux nations ont besoin de tout ce que produisent les États-Unis.

Des négociations techniques à peine amorcées

Ces déclarations surviennent alors que le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a récemment ouvert des discussions avec les autorités mexicaines au sujet de l'ACEUM. Une délégation mexicaine doit se rendre à Washington la semaine prochaine pour la prochaine séance de travail. Du côté canadien, le ministre du Commerce international s'est rendu dans la capitale fédérale plus tôt en juin pour rencontrer M. Greer. Des échanges techniques étaient sur le point de débuter, selon des informations communiquées à l'époque.

L'incertitude créée par les propos du président américain contraste avec le soutien qu'il avait lui-même apporté à cet accord lors de son premier mandat. En janvier 2020, il avait qualifié l'ACEUM, qui a remplacé l'ALENA, d'accord « le plus juste, le plus équilibré et le plus bénéfique jamais signé », ajoutant qu'il s'agissait du meilleur accord commercial jamais conclu par les États-Unis.

Des mois de négociations en perspective

L'annonce de la Maison-Blanche ouvre une période de négociations qui pourrait s'étendre sur plusieurs mois. Le refus de s'engager sur un renouvellement place les partenaires nord-américains dans une position délicate, alors que les chaînes d'approvisionnement intégrées depuis des décennies dépendent de la prévisibilité des règles commerciales. Le Canada et le Mexique devront désormais convaincre l'administration américaine de maintenir un cadre multilatéral, dans un contexte où la rhétorique unilatérale se renforce.

Les milieux économiques suivent de près l'évolution de ce dossier. L'ACEUM couvre des secteurs clés tels que l'industrie automobile, l'agriculture, l'énergie et les services numériques. Toute remise en cause de l'accord pourrait avoir des conséquences sur les investissements et les flux commerciaux entre les trois pays. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si les déclarations du président traduisent une stratégie de négociation ou une intention réelle de ne pas renouveler le pacte.