Donald Trump a signé un décret présidentiel créant un mécanisme de contrôle fédéral sur les modèles d’intelligence artificielle (IA) avant leur mise à disposition du public, selon des informations officielles. Le texte, très attendu, a été rendu public mardi 2 juin. Il marque un tournant dans la stratégie de l’administration républicaine, longtemps réticente à encadrer le secteur.
Un examen préalable sur la base du volontariat
Le décret prévoit que les entreprises technologiques seront invitées à soumettre leurs modèles d’IA au gouvernement pour un examen préalable, jusqu’à trente jours avant la sortie officielle. Cette procédure reste sur la base du volontariat. L’exécutif justifie cette mesure par la nécessité de renforcer la sécurité nationale, en particulier dans le domaine de la cybersécurité. Il s’agit d’une inflexion notable par rapport à la politique de dérégulation que la Maison-Blanche avait jusqu’ici privilégiée.
Un revirement après l’annulation d’un premier décret
Ce texte intervient quelques jours seulement après que M. Trump a annulé la signature d’un premier décret sur le même sujet, le 27 mai dernier. Ce précédent document devait instaurer une supervision plus stricte des modèles d’IA, mais le chef de l’État y avait renoncé. La nouvelle version, plus consensuelle, semble conçue pour concilier les impératifs de sécurité avec la volonté de ne pas entraver l’innovation. Les débats au sein de l’administration ont porté sur la façon de contrôler des technologies puissantes sans brider la recherche et le développement.
Les enjeux de sécurité au cœur de la décision
Les autorités américaines considèrent que l’IA générative et les modèles avancés présentent des risques accrus en matière de sécurité nationale, notamment par leur utilisation potentielle dans des cyberattaques ou la diffusion de désinformation. Le cadre volontaire vise à donner au gouvernement une visibilité précoce sur les capacités des nouveaux modèles, sans imposer de contrainte réglementaire directe aux entreprises. La Maison-Blanche espère ainsi prévenir des incidents sans freiner la compétitivité américaine dans un secteur stratégique.
Des réactions contrastées
Si l’industrie technologique n’a pas encore officiellement réagi, plusieurs observateurs notent que le dispositif reste souple et évite l’obligation de certification préalable. Des voix s’élèvent néanmoins pour réclamer des mesures plus contraignantes afin de garantir la protection des données et des droits fondamentaux. À l’inverse, certains défenseurs de l’innovation redoutent que ce premier pas n’ouvre la voie à un durcissement futur de la régulation.
Une décision suivie de près
Ce décret s’inscrit dans un contexte mondial où plusieurs grandes puissances, comme l’Union européenne et la Chine, ont déjà adopté des législations encadrant l’IA. Les États-Unis, jusqu’ici en retrait, cherchent à définir leur propre voie entre sécurité et liberté d’entreprendre. Le texte signé mardi pourrait servir de base à de futures discussions au Congrès, où des projets de loi plus stricts sont en cours d’examen.