Une hausse des dons confirmée par les associations
Les principales associations et fondations françaises font état d’un regain de la générosité des particuliers en 2025. D’après les données provisoires collectées auprès d’une vingtaine de grandes structures, les montants reçus au premier trimestre 2025 sont en hausse sensible par rapport à la même période de l’année précédente. Ce mouvement est qualifié de « véritable rebond » par les organisations, qui notent un retour de la confiance des donateurs dans un contexte économique toujours marqué par l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat.
Les chiffres exacts varient selon les organismes, mais la tendance est jugée « incontestable » par les responsables interrogés. La plupart des associations interrogées enregistrent une augmentation des dons comprise entre 5 % et 12 % sur les trois premiers mois de 2025, par rapport au premier trimestre 2024. Certaines fondations, notamment dans les domaines de la santé, de la recherche médicale et de la lutte contre la pauvreté, observent même des hausses plus marquées, allant jusqu’à 15 %.
Un contexte paradoxal
Ce sursaut de générosité intervient alors que le secteur associatif connaît une « pression financière croissante », selon les termes employés par plusieurs responsables. La baisse des subventions publiques, conjuguée à la hausse des coûts de fonctionnement (énergie, loyers, salaires), fragilise de nombreuses structures. Dans ce climat tendu, le regain des dons des particuliers est perçu comme un « signal d’alerte » mais aussi comme un « encouragement ».
Les associations insistent sur le fait que les donateurs semblent aujourd’hui mieux informés et plus fidèles. Le nombre de donateurs réguliers, c’est-à-dire ceux qui versent un montant chaque mois ou chaque trimestre, a également progressé, signe d’un engagement durable. Les campagnes de collecte en ligne et les appels aux dons via les réseaux sociaux ont, selon les témoignages recueillis, participé à cette embellie.
Un rebond qui reste fragile
Malgré ces chiffres encourageants, les acteurs du secteur demeurent prudents. Ils rappellent que la générosité des Français reste cyclique et dépendante de la conjoncture économique. Si l’inflation ralentit, le coût de la vie reste élevé, et certains ménages pourraient réduire leurs dons dans les mois à venir. Par ailleurs, les associations redoutent que la réduction des dépenses publiques ne se poursuive, les obligeant à chercher de nouvelles sources de financement.
Les responsables appellent donc à ne pas « crier victoire trop tôt » et à maintenir les efforts de communication et de mobilisation. Le rebond de 2025 est réel, mais il ne suffit pas à compenser les pertes de subventions enregistrées depuis plusieurs années. Le secteur associatif estime que la générosité des particuliers devra encore croître de manière significative pour garantir la pérennité de ses actions.
Des pistes pour doper les dons
Plusieurs associations plaident pour un maintien, voire un renforcement, des dispositifs fiscaux favorisant les dons. La réduction d’impôt actuelle (66 % du montant pour les dons aux associations d’intérêt général) est jugée « essentielle » pour soutenir le mouvement de générosité. Certaines organisations suggèrent aussi de simplifier les démarches pour les donateurs, notamment via le prélèvement automatique et la dématérialisation des reçus fiscaux.
Enfin, les responsables saluent l’engagement des Français, qui, malgré les difficultés économiques, continuent de soutenir les causes qui leur tiennent à cœur. « Cela montre que la solidarité reste une valeur forte dans notre pays », conclut un porte-parole d’une grande fondation.