L'ancien chef du gouvernement Édouard Philippe s'est exprimé le 3 juillet sur les relations commerciales de l'Union européenne, avançant deux idées fortes. D'une part, il a défendu la mise en place d'une condition drastique pour tout partenaire extérieur désireux d'accéder au marché européen : la production des biens devrait être réalisée en Europe.
« Il faut qu'on impose à nos partenaires de produire en Europe, s'ils veulent accéder au marché européen », a-t-il déclaré. Cette proposition, qui s'inscrit dans un discours protectionniste, vise à renforcer la souveraineté industrielle du continent et à éviter une dépendance excessive vis-à-vis des importations.
Par ailleurs, l'ancien locataire de Matignon a sévèrement jugé la posture adoptée par les États-Unis dans leurs négociations avec Bruxelles. Selon lui, Washington « a décidé d'imposer une relation inégale et un traité piteux à l'Europe ». Cette critique intervient dans un contexte de tensions commerciales récurrentes entre les deux rives de l'Atlantique, marquées par des différends sur les subventions, les droits de douane et les normes.
Édouard Philippe n'a pas précisé les secteurs ou les accords qu'il visait, mais son intervention suggère une volonté de revoir en profondeur les termes des échanges entre l'Europe et ses partenaires. Il plaide implicitement pour une approche plus ferme, où l'accès au marché unique – l'un des plus vastes et attractifs du monde – serait conditionné à des exigences de production locale.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs voix, en France et dans d'autres capitales européennes, s'élèvent pour réclamer une réindustrialisation du continent et une meilleure protection des filières stratégiques. Le débat sur la réciprocité commerciale et la souveraineté économique reste vif, notamment face aux ambitions industrielles américaines et chinoises.
L'ancien Premier ministre, qui dirige le parti Horizons et pourrait être candidat à la prochaine élection présidentielle, cherche ainsi à marquer sa différence sur les questions économiques, en proposant une ligne clairement protectionniste. Ses déclarations pourraient alimenter les discussions au sein de la majorité et de l'opposition, alors que le gouvernement français tente de concilier ouverture commerciale et défense de l'industrie nationale.