Le gouvernement a révélé un premier bilan des violences à caractère sexiste ou sexuel déclarées au sein de l'institution scolaire pour l'année 2026. Intervenant dans le cadre des débats parlementaires consacrés à un texte législatif sur la protection des mineurs à l'école et dans les activités périscolaires, le ministre délégué chargé de l'Éducation, Édouard Geffray, a fait état de 255 signalements enregistrés depuis le 1ᵉʳ janvier.

Lors de son audition à l'Assemblée nationale, le ministre a précisé la répartition de ces remontées : 88 % des signalements concernent des personnels exerçant dans l'enseignement public, tandis que les 12 % restants sont relatifs à des agents du secteur privé sous contrat. Aucune ventilation plus fine par type d'établissement ou par niveau scolaire n'a été communiquée à ce stade.

Cette communication intervient alors que les parlementaires examinent une proposition de loi transpartisane visant à mieux prévenir et sanctionner les violences faites aux enfants dans l'enceinte scolaire et lors des temps d'accueil périscolaires. Le texte prévoit notamment un renforcement des obligations de formation des personnels, l'amélioration des procédures de signalement interne, ainsi que des mesures visant à faciliter le retrait des adultes condamnés pour des faits de violence sur mineurs.

Un dispositif de recueil en cours de consolidation

Les 255 cas signalés depuis le début de l'année s'inscrivent dans la continuité des chiffres déjà rendus publics pour l'année 2025. À titre de comparaison, l'ensemble de l'année 2025 avait vu le ministère enregistrer plus de 400 signalements de même nature, un niveau déjà en hausse par rapport aux années précédentes. Cette augmentation est attribuée, selon les services ministériels, à l'amélioration des canaux de signalement, notamment la plateforme dédiée et les référents « violences sexistes et sexuelles » désormais présents dans chaque académie.

Le ministre a souligné qu'une part de cette haose pouvait également résulter d'une plus grande propension des victimes et des témoins à faire remonter les faits, grâce à une meilleure information et à une confiance accrue dans les mécanismes de traitement. Il n'a pas précisé la proportion de signalements ayant donné lieu à des sanctions disciplinaires ou à des poursuites pénales.

Une proposition de loi débattue dans un climat tendu

L'examen de la proposition de loi survient dans un contexte marqué par plusieurs affaires médiatisées de violences sexuelles impliquant des enseignants ou des éducateurs. Le texte a été déposé par des députés de plusieurs groupes politiques, avec le soutien affiché du gouvernement dans sa volonté de durcir le cadre légal.

Parmi les dispositions discutées figurent la création d'une obligation de signalement renforcée pour les chefs d'établissement, l'instauration d'un casier judiciaire obligatoire pour tous les intervenants en milieu scolaire (y compris les bénévoles et les intervenants extérieurs), ainsi que l'extension des délais de prescription pour les infractions commises contre des mineurs dans le cadre scolaire.

Les débats devaient se poursuivre dans l'hémicycle après la présentation du bilan chiffré par le ministre. Plusieurs associations de défense des droits de l'enfant ont salué la communication de ces données, tout en appelant à un suivi plus systématique des suites données à chaque signalement.

Une nécessaire transparence, selon les acteurs scolaires

Les syndicats enseignants, tout en reconnaissant les efforts entrepris, ont estimé que la remontée des chiffres devait s'accompagner de moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux. Ils ont notamment insisté sur le besoin de psychologues et d'assistants sociaux supplémentaires dans les établissements pour accompagner les victimes présumées.

Le ministre a conclu son intervention en réaffirmant que chaque signalement fera l'objet d'une enquête administrative et, le cas échéant, d'une transmission à la justice. "Notre objectif est d'atteindre zéro tolérance", a-t-il déclaré, sans préciser d'échéance.

Les chiffres définitifs pour l'année 2026 seront publiés dans le rapport annuel du ministère sur les violences en milieu scolaire, attendu à l'automne prochain.