EasyJet a refusé trois offres de rachat successives émanant du fonds d'investissement américain Castlelake, a-t-on appris ces dernières heures. Les propositions ont été soumises sur une période d'environ dix jours, la plus récente – dont le montant a été divulgué par le fonds – atteignant 4,74 milliards de livres sterling (environ 5,6 milliards d'euros).

Cette troisième offre, rendue publique par Castlelake afin de « permettre aux actionnaires d'EasyJet d'en examiner les mérites », selon les termes employés par le fonds dans un communiqué, proposait un prix de 625 pence par action. Ce montant représentait une prime de 24 % par rapport au cours de clôture de l'action vendredi précédent. Castlelake détient déjà, via les fonds qu'il gère, une participation d'environ 2,14 % dans le capital d'EasyJet.

Une démarche jugée « hautement opportuniste »

La direction d'EasyJet a qualifié la démarche de « hautement opportuniste » et a refusé d'engager des discussions sur le fond. Le conseil d'administration a jugé que les propositions ne reflétaient pas la valeur réelle de l'entreprise et a rejeté les trois approches sans y donner suite de manière substantielle.

Castlelake a fait valoir que son offre « offre une valeur convaincante » aux actionnaires. Le fonds américain a par ailleurs précisé que son « ambition est de soutenir EasyJet en tant que compagnie aérienne européenne plus forte et plus résiliente, sous contrôle européen, respectant ses précieux actifs aériens et continuant à soutenir son réseau ».

La question de la propriété européenne

La réglementation européenne impose qu'EasyJet soit détenue majoritairement par des citoyens de l'Union européenne. Castlelake affirme avoir proposé une structure de propriété constituant une « solution réalisable pour garantir la conformité à toutes les exigences réglementaires applicables ». Le fonds n'a pas détaillé publiquement les modalités de cette structure.

Un ultimatum à venir

Le fonds d'investissement américain dispose jusqu'à vendredi de cette semaine pour formuler une offre ferme ou renoncer définitivement à son projet. La balle est désormais dans le camp des actionnaires, Castlelake ayant choisi de rendre publique sa dernière proposition pour tenter de contourner le refus de la direction et s'adresser directement aux investisseurs.

Cette offensive de Castlelake intervient dans un contexte de consolidation du secteur du transport aérien en Europe, où plusieurs compagnies cherchent à renforcer leur position ou à trouver des partenaires financiers solides. EasyJet reste pour l'instant campée sur sa position, jugeant les offres insuffisantes au regard de ses perspectives de croissance.