Deuxième nuit de tensions à Belfast

Les autorités nord-irlandaises ont déployé un canon à eau pour faire face à des émeutiers, mercredi 10 juin, à Belfast. Il s'agissait de la deuxième soirée consécutive de troubles liés à un récent coup de couteau survenu dans la ville. Des manifestants, dont certains portaient des masques, ont allumé de petits incendies et lancé des briques, des pierres et des bouteilles en direction des policiers antiémeutes.

Pour se procurer des projectiles, les émeutiers ont arraché des briques des murs extérieurs des habitations et fracassé des trottoirs à l'aide de masses. Un groupe a même démonté une clôture pour s'en servir comme bouclier improvisé sur la chaussée, devant le jet du canon à eau.

Un suspect soudanais mis en examen

Ces violences surviennent quelques heures après la comparution d'un homme de 30 ans, originaire du Soudan, devant un tribunal de Belfast. Hadi Alodid a été inculpé pour tentative de meurtre à la suite d'une attaque au couteau qui a grièvement blessé une personne et a enflammé les tensions anti-immigrés. Le suspect a été placé en détention provisoire après une audience par visioconférence au Belfast Magistrates' Court.

Lors de l'audience, un enquêteur a déclaré que Hadi Alodid avait crevé l'œil gauche de la victime, Stephen Ogilvie, lors de l'agression. Il est également poursuivi pour possession d'un couteau et pour avoir menacé de tuer un radiologue alors qu'il recevait des soins pour une blessure à la main, consécutive à l'attaque. À l'arrivée des policiers sur les lieux du crime, ils auraient trouvé Alodid accroupi sur l'homme, armé d'un couteau de cuisine. Aux personnels hospitaliers, il aurait déclaré : « J'ai tué quelqu'un, je ne sais pas s'il est mort », avant d'ajouter : « Je vais vous tuer. » Il a refusé l'assistance d'un avocat via un interprète arabophone et n'a pas plaidé.

Des biens pris pour cible

Les forces de l'ordre s'attendaient à de nouveaux débordements après que, la veille, des hommes cagoulés avaient mis le feu à plusieurs habitations soupçonnées d'abriter des immigrés, brûlé des poubelles et incendié un véhicule utilitaire. La Police Service of Northern Ireland (PSNI) a donc activé, pour la deuxième nuit, des moyens de maintien de l'ordre renforcés, dont le canon à eau, afin d'éviter une escalade des violences. Le recours à cet équipement, peu courant en dehors des périodes de forte tension en Irlande du Nord, souligne la gravité des affrontements.