Plus d'une semaine après avoir interrompu les échanges à sa frontière orientale pour contenir une résurgence d'Ebola, l'Ouganda a levé cette mesure. La décision a été officialisée par la ministre ougandaise de la Santé, Jane Ruth Aceng, à l'issue d'une réunion du comité national de riposte. Elle a expliqué que la réouverture intervenait après une nette amélioration de la situation épidémiologique de part et d'autre de la limite séparant les deux pays.
Une baisse rapide du nombre de cas suspects
Selon les données de surveillance sanitaire, le nombre total de cas suspects d'Ebola enregistrés en Ouganda et en République démocratique du Congo est passé de 906 à 116 en l'espace de quelques jours. Cette réduction importante a été obtenue grâce à un renforcement des capacités de détection précoce et d'isolement des personnes présentant des symptômes évocateurs de la maladie, a précisé la ministre. Les cas suspects incluent toute personne repérée par le système de surveillance ou se présentant dans un établissement de santé avec des signes cliniques pouvant évoquer Ebola.
Les conditions posées par Kampala
La levée de la fermeture n'est pas inconditionnelle. Les autorités ougandaises ont instauré un dispositif de contrôle sanitaire renforcé à tous les postes-frontières terrestres. Chaque voyageur en provenance de la RDC devra se soumettre à une prise de température obligatoire et remplir une fiche de suivi épidémiologique. En outre, les équipes de riposte rapide restent mobilisées, et un centre de traitement spécialisé a été maintenu dans la région du Kivu, à proximité de la frontière. La ministre a également indiqué que la collaboration avec les autorités congolaises se poursuivait, notamment via l'échange d'informations en temps réel sur d'éventuels nouveaux foyers.
Un contexte épidémiologique en évolution
L'épidémie actuelle, dont l'épicentre se situe dans l'est de la RDC, a fait plusieurs dizaines de victimes depuis son apparition. L'Ouganda avait décidé la fermeture temporaire de ses frontières le 27 mai dernier, une première dans la région depuis l'épisode de 2019. Les mesures restrictives avaient provoqué des difficultés pour les populations frontalières, très dépendantes des échanges commerciaux et des déplacements quotidiens. Des organisations humanitaires avaient alerté sur le risque de rupture d'approvisionnement en produits de première nécessité dans les zones isolées.
Réactions et perspectives
Du côté congolais, le gouvernement a salué la décision ougandaise, tout en appelant à la vigilance. « Nous avons besoin de maintenir une coordination étroite pour éviter que la maladie ne profite de la mobilité retrouvée », a déclaré un porte-parole du ministère congolais de la Santé. L'Organisation mondiale de la santé, qui appuie la réponse sanitaire dans les deux États, a recommandé de ne pas relâcher la surveillance épidémiologique et de poursuivre les campagnes de vaccination des personnels soignants et des contacts des malades. La région des Grands Lacs reste sous le coup d'une alerte sanitaire, mais les autorités estiment que le risque de propagation transfrontalière a considérablement diminué.