L’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a atteint un nouveau seuil critique. Les autorités sanitaires ont confirmé que le nombre de cas liés à la souche Bundibugyo dépasse désormais la barre des 1 000, et celui des décès s’élève à plus de 250. Cette souche, moins fréquente que le Zaïre, provoque une flambée qui a été officiellement déclarée il y a un peu plus d’un mois.
Face à l’aggravation de la situation, une délégation ministérielle a été dépêchée sur le terrain. Les ministres de la Santé et de la Communication se sont rendus à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, pour inspecter les dispositifs de riposte. Cette visite intervient alors que l’épidémie, jusqu’alors concentrée dans des zones rurales, a touché une agglomération urbaine d’importance, ce qui suscite des craintes quant à une accélération de sa propagation.
Un bilan en hausse
Depuis la déclaration officielle, survenue fin mai, les chiffres n’ont cessé de croître. Le cap des 1 000 cas confirmés a été franchi dans les jours précédant la visite ministérielle. Les autorités sanitaires locales travaillent en coordination avec les équipes d’urgence déployées sur place pour tenter de contenir le virus. L’enjeu est majeur : la densité de population de Bunia et ses connexions avec d’autres villes de l’Est congolais pourraient favoriser une dissémination plus large.
Une souche moins connue
La souche Bundibugyo, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, se distingue du virus Ebola Zaïre par un taux de létalité généralement plus faible, mais elle n’en reste pas moins dangereuse. Sa progression dans une zone urbaine constitue un défi inédit pour les équipes de riposte, qui doivent adapter leurs stratégies de suivi des contacts et de vaccination. Les responsables de la santé publique rappellent l’importance de la détection précoce et de l’isolement des cas pour freiner la transmission.
Une mobilisation accrue
La présence des ministres à Bunia témoigne de la volonté du gouvernement congolais de renforcer la réponse. Cette mission avait pour objectif d’évaluer les besoins logistiques et médicaux, ainsi que de coordonner les actions avec les partenaires internationaux. Si aucun nouveau bilan n’a été communiqué depuis cette visite, les autorités soulignent que la situation reste sous surveillance renforcée. L’épidémie de Bundibugyo, bien que moins médiatisée que les précédentes flambées d’Ebola en RDC, requiert une attention soutenue pour éviter qu’elle ne devienne incontrôlable.