Le 2 juin, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état d'une baisse spectaculaire du nombre de cas suspects d'Ebola en Afrique centrale. Ceux-ci sont passés de 906 à 116 en l'espace de quelques jours. Parallèlement, le nombre de cas confirmés a augmenté pour atteindre 321 en République démocratique du Congo (RDC) et neuf en Ouganda, dont 48 décès en RDC et un en Ouganda.

Cette révision s'explique par l'intensification des tests de dépistage. Un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, a indiqué que de nombreuses personnes présentant des symptômes évocateurs d'Ebola (fièvre, maux de tête) ont été examinées et se sont révélées négatives. Certaines souffraient en réalité de paludisme, de méningite ou d'autres pathologies. Ces personnes sont retirées de la liste des cas suspects, ce qui explique les fluctuations importantes du chiffre.

L'épidémie a été déclarée le 15 mai dans la province de l'Ituri, dans l'est de la RDC, une région marquée par des conflits armés. La souche responsable est le Bundibugyo, pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique approuvé. La lutte contre sa propagation repose donc principalement sur des mesures préventives, comme l'isolement des malades et le suivi des contacts.

Des chiffres révisés à la baisse

L'OMS avait précédemment recensé 223 décès suspects, mais cette catégorie a été abandonnée. Selon le porte-parole, ces décès étaient souvent survenus plusieurs jours avant le début de l'enquête épidémiologique, rendant impossible l'exhumation des corps pour confirmation. Parmi les cas confirmés, six personnes ont été enregistrées comme guéries.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s'est rendu dans l'est de la RDC fin mai pour évaluer la situation sur le terrain. Les autorités sanitaires estiment que l'épidémie peut être maîtrisée, malgré les défis logistiques et sécuritaires. L'Afrique CDC, dirigé par Jean Kaseya, suit également de près l'évolution de l'épidémie.