La Cour suprême du Brésil a condamné mardi 16 juin Eduardo Bolsonaro, troisième fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, à une peine de quatre ans de prison. L'ex-député fédéral était poursuivi pour avoir mené des actions de lobbying auprès des autorités américaines afin qu'elles imposent des sanctions économiques au Brésil, dans le but de faire pression sur la justice brésilienne dans le cadre du procès de son père pour tentative de coup d'État.

Des pressions sur Washington

Eduardo Bolsonaro, qui s'était installé aux États-Unis, a été reconnu coupable d'« entrave au procès » de Jair Bolsonaro devant la Cour suprême. Selon l'accusation, il avait menacé les institutions judiciaires brésiliennes en affirmant pouvoir obtenir des sanctions américaines si le procès ne se concluait pas comme le souhaitait son père. Quatre juges de la plus haute juridiction du pays ont suivi le réquisitoire du parquet, estimant que ces agissements constituaient une menace pour les autorités judiciaires et les autres pouvoirs.

Le juge Alexandre de Moraes, chargé de l'affaire, a déclaré : « Il ne relève pas de la fonction d'un député fédéral brésilien de faire du lobbying à l'étranger contre son propre pays. »

Des sanctions effectives mais temporaires

Les actions d'Eduardo Bolsonaro avaient partiellement porté leurs fruits. Washington avait en effet imposé, en août 2025, une surtaxe de 40 % sur certains produits brésiliens exportés vers les États-Unis, justifiant cette mesure par ce qui était présenté comme une « chasse aux sorcières » contre Jair Bolsonaro. Cette décision avait provoqué une tension diplomatique entre les deux pays.

Toutefois, cette surtaxe a été levée en grande partie en novembre 2025, en raison notamment de la hausse des prix aux États-Unis pour des produits comme le café, dont le Brésil est le premier fournisseur mondial. L'apaisement des relations entre Brasilia et Washington a également contribué à cette mesure de rétractation.

Une carrière politique brisée

Eduardo Bolsonaro a également vu son mandat de député annulé en décembre 2025, pour avoir dépassé le nombre d'absences autorisées depuis son départ du Brésil. La condamnation prononcée mardi le déclare en outre inéligible à toute fonction publique pendant huit ans à l'issue de sa peine. Ces décisions peuvent faire l'objet d'un appel.

Sur le réseau social X, l'intéressé a dénoncé un procès « absurde » dont le seul objectif serait, selon lui, de le disqualifier pour les élections. Il ambitionnait de se présenter aux sénatoriales.

Contexte politique élargi

Cette condamnation s'inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques au Brésil. Jair Bolsonaro, ancien chef de l'État, a lui-même été condamné pour tentative de coup d'État. La décision de justice visant son fils intervient alors que le pays traverse une période de polarisation intense, entre partisans et opposants de la famille Bolsonaro.