La proposition de créer des centres de retour pour migrants en dehors des frontières de l'Union européenne suscite une vive opposition de la part d'Emmanuel Macron. Le président de la République a estimé que ce dispositif, porté par plusieurs États membres, n'était « ni efficace » ni conforme aux principes fondateurs de l'UE.
Un projet porté par l'Italie et le Danemark
Selon des sources concordantes, Rome et Copenhague sont les principaux artisans de cette initiative. Le projet vise à établir des structures d'accueil et de rétention dans des pays tiers, afin d'y traiter les demandes d'asile et d'organiser les retours des migrants déboutés du droit d'asile. Les deux capitales estiment que ce mécanisme permettrait de mieux contrôler les flux migratoires et de réduire les traversées irrégulières vers le continent.
Les réserves du chef de l'État français
Interrogé sur ce sujet, Emmanuel Macron a exprimé de sérieuses réserves. « Je ne suis pas sûr que ce soit ça notre Europe », a-t-il déclaré, en référence aux valeurs d'humanité et de solidarité qui devraient, selon lui, guider la politique migratoire communautaire. Le président a également mis en doute l'efficacité réelle de ces hubs, soulignant que leur mise en œuvre se heurterait à des obstacles juridiques et diplomatiques majeurs.
Cette prise de position illustre un clivage croissant au sein de l'Union sur la question migratoire. D'un côté, des pays comme l'Italie et le Danemark privilégient une approche restrictive et externalisée ; de l'autre, la France et plusieurs partenaires insistent sur la nécessité de respecter les droits fondamentaux et de trouver des solutions collectives en interne.
Un débat qui divise l'Europe
Le projet de centres de retour n'est pas nouveau, mais il a récemment gagné en intensité. Les partisans de cette solution avancent qu'elle permettrait de désengorger les pays méditerranéens, souvent en première ligne des arrivées, et de dissuader les départs. Ils évoquent le modèle australien, qui externalise le traitement des demandes d'asile sur des îles du Pacifique.
Les opposants, dont fait partie Emmanuel Macron, jugent cette approche contraire au droit international et à la Convention de Genève. Ils soulignent que ces centres pourraient engendrer des violations des droits de l'homme et qu'ils ne résolvent pas les causes profondes des migrations.
Quelle suite pour ce projet ?
Pour l'heure, aucune décision formelle n'a été arrêtée au niveau européen. La Commission européenne suit le dossier avec attention, mais aucune proposition législative n'a encore été déposée. Les discussions se poursuivent entre les capitales, tandis que des organisations de défense des droits de l'homme ont déjà appelé à abandonner ce projet.
La déclaration d'Emmanuel Macron intervient dans un contexte où la France cherche à promouvoir une « Europe qui protège » sans renoncer à ses valeurs. Le chef de l'État a réaffirmé la nécessité d'une politique migratoire commune, mais fondée sur la coopération avec les pays d'origine et de transit, plutôt que sur l'externalisation des responsabilités.