L’élection du prochain gouverneur de Californie se jouera entre deux profils opposés. Le républicain Steve Hilton, ancien conseiller du Premier ministre britannique David Cameron et bénéficiant du soutien de l’ex-président Donald Trump, est sorti en deuxième position de la primaire du 9 juin. Il fera face au représentant démocrate Xavier Becerra lors du scrutin général de novembre. Le milliardaire et militant écologiste Tom Steyer, autre candidat démocrate, n’a pas réussi à franchir le cap.
Le système électoral californien – une primaire dite « deux meilleurs » (jungle primary) – retient les deux candidats ayant recueilli le plus de suffrages, quel que soit leur parti. Cette configuration a permis à Steve Hilton d’accéder au second tour alors que son orientation politique est minoritaire dans cet État traditionnellement démocrate. La compétition pour le poste de gouverneur promet d’être serrée, les deux finalistes représentant des visions radicalement différentes de la société et de l’économie.
Un ex-conseiller britannique propulsé en Californie Steve Hilton a construit sa notoriété outre-Atlantique comme stratège de David Cameron, dont il a été le conseiller en communication et en stratégie politique durant le premier mandat du Premier ministre conservateur. Après son départ de Downing Street, il s’est installé en Californie, où il a fondé une entreprise de conseil et s’est lancé dans la politique locale. Sa campagne pour le poste de gouverneur s’est appuyée sur un discours favorable aux affaires, à la dérégulation et à une réduction de la fiscalité, ainsi que sur un soutien appuyé aux forces de l’ordre. L’investiture de Donald Trump, qui conserve une influence majeure dans le Parti républicain, a constitué un atout décisif pour sa notoriété et ses levées de fonds.
Xavier Becerra, l’héritier démocrate Face à lui se dresse Xavier Becerra, représentant de longue date de la région de Los Angeles à la Chambre des représentants des États-Unis. Figure éminente du Parti démocrate, il s’est illustré par son travail sur la réforme du système de santé et par son rôle de meneur de la minorité démocrate à la Chambre. Sa campagne pour le gouvernorat met l’accent sur la protection de l’environnement, l’accès aux soins pour tous, la défense des droits des immigrants et la progressivité fiscale. Il incarne l’aile gauche du parti, en phase avec l’électorat californien sur de nombreux sujets sociétaux.
Le poids de la primaire « jungle » La primaire californienne, où tous les candidats sont mélangés sur un même bulletin, a favorisé l’émergence de Steve Hilton face au très riche Tom Steyer. Ce dernier, qui avait déjà dépensé des dizaines de millions de dollars pour des campagnes climatiques et présidentielles, n’a pas réussi à mobiliser suffisamment l’électorat démocrate pour devancer Hilton. Le système a ainsi produit un duel atypique entre un républicain soutenu par Trump et un démocrane progressiste, renforçant l’enjeu national de cette élection locale. La Californie étant souvent vue comme un contre-modèle politique pour les conservateurs, une victoire de Hilton représenterait un coup de tonnerre dans la vie politique américaine.
Des enjeux cruciaux pour l’État et la nation L’élection de novembre déterminera l’orientation de la Californie sur des dossiers majeurs : la gestion de la crise climatique – l’État a subi des incendies et des sécheresses records –, l’immigration, le logement, l’éducation et la fiscalité. Le gouverneur sortant, démocrate, n’est pas candidat à un nouveau mandat, ce qui laisse le champ libre à une véritable alternance. Les deux finalistes ont déjà commencé à structurer leurs équipes de campagne, ciblant les électeurs modérés et indépendants qui feront la différence dans un État où les républicains sont minoritaires mais où une partie de l’électorat démocrate se montre lassée par les politiques progressistes.
La qualification de Steve Hilton redonne espoir aux républicains californiens, qui n’ont pas remporté le poste de gouverneur depuis plusieurs décennies. Elle illustre aussi la capacité de Donald Trump à peser sur des élections locales même en son absence des scrutins. Le duel entre Hilton et Becerra s’annonce comme l’un des plus suivis de la saison électorale américaine, avec des implications qui dépassent largement les frontières de l’État le plus peuplé des États-Unis.