Le projet de ligne aérienne à très haute tension reliant le Gard au bassin industriel de Fos-sur-Mer suscite une opposition croissante en Camargue. Agriculteurs, habitants et responsables politiques locaux, réunis ces derniers jours, ont fait savoir qu'ils étaient prêts à intensifier leurs actions pour empêcher la réalisation de cet équipement.

Un projet contesté sur fond de nuisances sonores

Au cœur des griefs, les nuisances sonores générées par ce type d'infrastructure. « Comment faire travailler des employés là-dessous, vous savez le bruit que ça fait ? » s'interroge un opposant, témoignant de l'inquiétude des professionnels exerçant sous les câbles. Les détracteurs soulignent que le passage de la ligne affecterait directement les activités agricoles et l'élevage, piliers de l'économie locale, en raison des perturbations sonores permanentes.

Le tracé prévu traverse des zones agricoles et naturelles sensibles, ce qui alimente les craintes pour la biodiversité du delta camarguais. Les opposants dénoncent un impact paysager et écologique jugé disproportionné par rapport aux bénéfices attendus pour l'approvisionnement électrique de la zone industrialo-portuaire de Fos.

Une détermination affichée

Lors de rassemblements organisés sur le terrain, les participants ont annoncé leur intention de passer à des formes d'action plus conséquentes si leurs demandes n'étaient pas entendues. Si les modalités précises de cette radicalisation n'ont pas été détaillées publiquement, le ton employé par les leaders de la contestation ne laisse guère de doute sur leur résolution. « Nous ne céderons pas », résume un éleveur, exprimant un sentiment partagé par de nombreux riverains.

Les élus locaux, certains présents aux côtés des manifestants, relaient ces inquiétudes et réclament l'organisation d'un débat public approfondi sur l'opportunité du projet. Ils estiment que les études d'impact réalisées jusqu'à présent n'ont pas suffisamment pris en compte les spécificités du territoire.

Un projet dans le viseur des autorités

Le dossier est actuellement instruit par les services de l'État, qui doivent se prononcer sur la compatibilité de la ligne avec les réglementations environnementales en vigueur. Le gestionnaire du réseau, promoteur de l'infrastructure, justifie celle-ci par la nécessité de sécuriser l'alimentation électrique du pôle industriel de Fos-sur-Mer, l'un des plus importants de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Pour les opposants, cet argument ne saurait primer sur la préservation d'un espace naturel unique. « On ne peut pas sacrifier la Camargue pour quelques usines », lance un viticulteur, résumant un sentiment largement répandu lors des réunions publiques.

Vers un affrontement ?

La perspective d'une escalade dans les modes d'action inquiète les autorités, qui redoutent des blocages ou des occupations de terrain. Les forces de l'ordre ont déjà été mobilisées à plusieurs reprises pour sécuriser les abords des zones concernées par les études préalables.

Les prochaines semaines pourraient être décisives. Si le feu vert administratif devait être accordé sans modifications substantielles du tracé, la promesse d'une radicalisation des opposants passerait probablement à l'acte. En attendant, la mobilisation se poursuit, avec l'objectif affiché de faire reculer le promoteur du projet.