Nouvelles exécutions à Téhéran
Ce lundi 1er juin, deux hommes arrêtés lors des manifestations de janvier à Téhéran ont été pendus à l'aube. Mehrdad Mohammadinia et Ashkan Maleki, condamnés à mort pour « participation à des actions opérationnelles contre la sécurité nationale » et « coopération avec des gouvernements hostiles », ont ainsi été exécutés par la justice iranienne. Leurs cas illustrent une vague de condamnations capitales qui se poursuit à un rythme soutenu.
Accusés d'avoir attaqué les forces de sécurité ou de s'être introduits dans des installations militaires, des dizaines de détenus arrêtés pendant les soulèvements de décembre 2025 et janvier 2026 ont été condamnés à mort. Plusieurs d'entre eux ont déjà été exécutés. Les organisations de défense des droits humains contestent la régularité de leurs procès, qu'elles jugent expéditifs et inéquitables.
Des disparitions toujours non élucidées
Parallèlement à ces exécutions, des familles continuent de rechercher leurs proches portés disparus depuis le pic de la répression, le 8 janvier, lorsque les autorités ont coupé l'accès à Internet et que des unités spéciales ont ouvert le feu avec des armes de guerre sur les manifestants dans plusieurs quartiers de la capitale. Des milliers de personnes ont été tuées.
Morteza Ebrahimi, 35 ans, n'a donné aucun signe de vie depuis cette date. Son nom ne figure ni sur les listes de détenus ni parmi les victimes identifiées par l'organisation de médecine légale iranienne. Son cas, documenté par le site IranWire, est emblématique des zones d'ombre qui persistent autour du bilan de la répression.
Un recensement compliqué par la guerre
La guerre déclenchée le 28 février contre Israël et les États-Unis a compliqué encore la tâche des familles et des ONG. « Avec le déclenchement de la guerre, accompagné de coupures et de perturbations généralisées d'Internet, l'accès aux informations sur le statut des détenus et des prisonniers est devenu beaucoup plus difficile, aggravant encore l'anxiété des familles », écrit IranWire.
Le conflit a également interrompu les efforts de documentation entrepris par plusieurs organisations iraniennes basées à l'étranger. L'organisation Human Rights Activists in Iran (Hrana) avait publié fin février un dernier bilan faisant état de 6 488 manifestants tués, dont près de 3 000 personnes encore non identifiées. Plus de 11 700 signalements restaient alors en cours d'investigation.
Une répression qui ne faiblit pas
Amnesty International a dénoncé l'intensification de la répression sous couvert de l'état de guerre. « Les autorités iraniennes profitent de ce qu'elles appellent des 'conditions de guerre' pour intensifier la répression de la dissidence par des arrestations arbitraires massives, des procédures judiciaires accélérées et manifestement inéquitables, des exécutions à motivation politique, des peines de prison sévères et des confiscations de biens », a accusé l'organisation.
La traque des participants aux soulèvements de l'hiver dernier se poursuit donc sans relâche, malgré les mois écoulés. Les familles des disparus et des condamnés restent dans l'attente, sans savoir si leurs proches figurent parmi les prochaines victimes de la répression.