Téhéran, le 3 juin 2026 – Bien que le gouvernement iranien ait officiellement rétabli l'accès à Internet dans tout le pays depuis une semaine, les utilisateurs décrivent une situation bien éloignée d'une pleine liberté numérique. Le retour du réseau se fait «au compte-gouttes», avec un débit encore très faible et d'importantes limitations qui persistent, suscitant frustration et inquiétude chez les citoyens.
Un accès instable et des restrictions maintenues
Les témoignages recueillis font état d'une connexion intermittente et d'une bande passante réduite, rendant difficile l'utilisation d'applications et de services courants. De nombreux sites et plateformes jugés «utiles» par la population demeurent filtrés, selon des observateurs. «Presque tout ce qui est utile reste filtré», résume un internaute cité par des médias. Les applications de messagerie, les réseaux sociaux et les outils essentiels pour le travail ou les études sont particulièrement touchés par ces restrictions.
Les conséquences d'une coupure de trois mois
Cette semi-réouverture intervient après une coupure totale d'Internet qui a duré trois mois, décidée par les autorités dans un contexte de tensions politiques et sociales. Cette période de blackout numérique a eu des répercussions profondes sur plusieurs plans. Sur le plan technologique, les infrastructures ont souffert et les compétences numériques se sont érodées. Économiquement, de nombreuses entreprises, notamment les petites et moyennes, ont subi des pertes significatives en raison de l'impossibilité de communiquer ou de réaliser des transactions en ligne. Socialement, la coupure a isolé les familles, entravé l'accès à l'éducation à distance et limité l'information. Les effets psychologiques de cette privation sont également soulignés, avec un sentiment de contrôle et d'isolement accru.
Un filtrage perçu comme un outil de contrôle
Les restrictions actuelles sont perçues par de nombreux Iraniens comme une forme de contrôle social et politique. Si le gouvernement justifie ces mesures par des impératifs de sécurité et de lutte contre les «menaces», les critiques y voient une méthode pour entraver la liberté d'expression et l'accès à une information indépendante. Cette perception alimente un sentiment de défiance envers les autorités, qui peinent à convaincre de leur volonté de rétablir un Internet véritablement ouvert et accessible à tous.
Des perspectives incertaines
À ce stade, aucune annonce officielle n'a précisé le calendrier ni les conditions d'un retour à un Internet normal. Les observateurs se demandent si cette levée partielle constitue une étape vers une réouverture complète ou si elle vise simplement à répondre à la pression interne et internationale tout en maintenant un contrôle étroit. En attendant, les Iraniens doivent composer avec un accès numérique qui reste, selon les termes employés, «au compte-gouttes», un frein à leur vie quotidienne et à leurs aspirations.