Les autorités locales de Villasimius, dans le sud-est de la Sardaigne, ont instauré une réglementation inédite sur la plage de Punta Molentis. Depuis le 10 juin, l'accès à cette plage publique est soumis à un droit d'entrée de 10 euros, et seules les familles accompagnées d'enfants de moins de 10 ans ainsi que les personnes âgées de plus de 65 ans sont autorisées à installer un parasol. Les autres baigneurs, âgés de 10 à 65 ans, ne peuvent pas utiliser de parasol, ni de tente ou tout autre dispositif d'ombrage. Cette mesure restera en vigueur jusqu'à la fin du mois d'octobre.
Cette décision, annoncée par la mairie de Villasimius, a suscité un mélange d'incrédulité et de perplexité sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes ont exprimé leur mécontentement, certains appelant au boycott de la plage, tandis que d'autres ont fait part de leurs craintes concernant les risques de cancer de la peau ou de coup de chaleur. Un commentaire sur une publication officielle a ironisé : "Pour mettre un parasol, je dois louer un enfant ?" Un autre a plaisanté : "Donc pour venir à la plage avec un parasol, soit j'emmène mon grand-père, soit il faut que j'aie un enfant."
La mairie a justifié ces restrictions par la nécessité de protéger l'environnement préservé de Punta Molentis, située dans une zone de conservation désignée. Dans un avis publié sur le site internet de la municipalité, le maire a déclaré : "C'est pourquoi il est nécessaire de limiter l'impact humain et d'assurer la protection de ce patrimoine pour les générations futures." Les autorités locales ont expliqué que l'incendie survenu en juillet dernier, provoqué par des pyromanes, ainsi que des "événements météorologiques maritimes exceptionnels" ont incité à imposer des règles plus strictes.
Cette mesure intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour de la gestion des plages en Italie. De nombreux Italiens boudent de plus en plus les clubs de plage privés et des manifestations réclament davantage de plages gratuites. La décision de Punta Molentis, bien que motivée par des impératifs de protection de l'environnement, illustre les difficultés à concilier fréquentation touristique et préservation des sites naturels dans le pays.