La justice suédoise a prononcé, mercredi 1er juillet, une condamnation historique à l'encontre de Google. Le tribunal des brevets et de la concurrence de Stockholm a ordonné au géant américain de verser 1,3 milliard d'euros de dommages et intérêts à PriceRunner, un comparateur de prix détenu par le groupe financier Klarna. Cette décision fait suite à une action intentée par l'entreprise suédoise, qui accusait Google de favoriser ses propres services de comparaison de prix dans les résultats de recherche.
PriceRunner avait initialement réclamé 2 milliards d'euros, portant ensuite sa demande à plus de 7 milliards d'euros en raison de la persistance des pratiques contestées. Le litige trouve son origine dans une décision de la Commission européenne datant de 2017, qui avait établi que Google enfreignait le droit de la concurrence en avantageant son propre service d'achats en ligne. Cette position a été confirmée en 2022 par la Cour de justice de l'Union européenne, ce qui a incité PriceRunner à saisir la justice suédoise.
Un conflit ancré dans le droit européen de la concurrence
La décision de la Cour européenne a servi de fondement à l'action de PriceRunner. Google avait alors indiqué qu'il s'opposait fermement à cette procédure et se réjouissait de pouvoir présenter ses arguments. Les juges suédois n'ont toutefois pas été convaincus. Le directeur général de PriceRunner, Mikael Lindahl, a estimé que cette sanction constituait aussi une victoire pour les consommateurs, qui « ont énormément pâti de la violation du droit de la concurrence par Google au cours des 14 dernières années et encore aujourd'hui ».
Selon les éléments exposés durant le procès, PriceRunner soutenait que la violation du droit de la concurrence s'était poursuivie après l'arrêt de 2022, justifiant l'augmentation du montant des dommages réclamés. Le tribunal a finalement fixé l'indemnité à 1,3 milliard d'euros, un montant inférieur à la dernière demande mais qui reste l'une des plus lourdes amendes civiles infligées à Google en Europe.
Une série de sanctions en Europe
Cette condamnation s'ajoute à une longue liste de procédures engagées contre le moteur de recherche sur le Vieux Continent. Quelques jours plus tôt, Google avait été condamné à verser 126 millions d'euros à plusieurs médias français – dont Le Figaro, Les Echos-Le Parisien et Dailymotion – pour des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la publicité en ligne. En mars dernier, le groupe M6 avait également obtenu 23 millions d'euros de dommages, reprochant à Google de privilégier sa propre plateforme de vente d'espaces publicitaires.
Par ailleurs, la Commission européenne avait infligé en septembre 2025 une amende de 2,95 milliards d'euros à Google pour abus de position dominante. L'Autorité de la concurrence française avait déjà sanctionné l'entreprise à hauteur de 220 millions d'euros en 2021 pour des motifs similaires. Toutes ces décisions s'inscrivent dans un contexte de durcissement de la régulation des grandes plateformes numériques en Europe, souvent contesté par l'administration américaine.
Perspectives et réactions
Google n'a pas encore indiqué s'il ferait appel du jugement suédois. L'entreprise, qui continue de faire face à de multiples procédures judiciaires et administratives sur le continent, pourrait voir sa responsabilité engagée dans d'autres dossiers liés à ses pratiques publicitaires et à son positionnement sur le marché des comparaisons de prix. La décision de Stockholm pourrait également encourager d'autres acteurs européens à engager des actions similaires.