L'Angleterre a enregistré son mois de juin le plus chaud jamais observé, avec une température moyenne de 17,1 °C, soit près de 3 °C au-dessus de la normale saisonnière, selon les données publiées par le Met Office. Ce record est la conséquence directe d'une canicule exceptionnelle qui a culminé le vendredi 26 juin 2026, lorsque le mercure a atteint 37,7 °C à Lingwood, dans le Norfolk, pulvérisant le précédent record de 35,6 °C datant de 1957, déjà égalé lors de la célèbre canicule de 1976.

Le Royaume-Uni a connu son deuxième mois de juin le plus chaud, tandis que le Pays de Galles a également enregistré son deuxième mois de juin le plus chaud et sa journée la plus torride jamais mesurée, avec 35,9 °C à Cardiff le 25 juin. L'Irlande du Nord a égalé son record de juin en atteignant 30,8 °C à Castlederg, dans le comté de Tyrone. Les nuits ont été particulièrement éprouvantes : de fréquentes nuits tropicales, où la température ne descend pas sous les 20 °C, ont contribué à faire grimper la moyenne mensuelle.

Une alerte rouge inédite

Face à cette intensité, une rare alerte rouge canicule a été émise pour une partie de l'Angleterre et du Pays de Galles. Dans l'est de l'Angleterre, cette alerte est restée en vigueur pendant trois jours consécutifs, une durée sans précédent. Cette canicule survient quelques semaines seulement après la vague de chaleur de mai, qui avait déjà battu des records avec 35,1 °C à Kew, à Londres.

L'Europe également frappée

L'épisode ne s'est pas limité au Royaume-Uni. Plusieurs pays européens ont enregistré des records de température pour un mois de juin, notamment la Hongrie, l'Autriche, les Pays-Bas, la Suisse et le Danemark. La France a connu sa journée la plus chaude jamais mesurée : la température moyenne sur l'ensemble du territoire sur 24 heures a atteint 30 °C pour la première fois, dépassant même les pics d'août 2003 et de juillet 2019, d'après les relevés de Météo-France.

Un lourd bilan humain

Les premières estimations du coût humain de cette canicule commencent à être communiquées. Le ministère français de la Santé a fait état d'environ 1 000 décès en excès pendant l'épisode, principalement chez les personnes de plus de 65 ans. L'Espagne a dénombré 1 029 décès supplémentaires attribuables à la chaleur extrême. Il faudra plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour obtenir un tableau complet de la mortalité dans l'ensemble des pays européens. Les autorités espagnoles soulignent que, depuis 1975, la moitié des canicules de juin enregistrées dans le pays se sont produites au cours de la dernière décennie, un signe du réchauffement climatique accéléré.

Des leçons de 2003 encore présentes

Bien que ce bilan soit lourd, il devrait rester inférieur à celui de la canicule d'août 2003, qui avait causé entre 30 000 et 70 000 décès en Europe. À la suite de cette tragédie, une prise de conscience généralisée avait émergé, conduisant les services météorologiques nationaux à mettre en place des systèmes d'alerte précoce pour atténuer les impacts sanitaires des vagues de chaleur. Cette canicule de juin 2026, la troisième vague de chaleur record en un mois au Royaume-Uni, place le système de santé et les autorités sous une pression croissante, alors que le réchauffement climatique rend ces phénomènes plus fréquents et plus intenses.