Une réaction d’actrice relance le débat
L’actualité récente a remis la question du bon usage du téléphone au cœur des préoccupations. À l’issue d’une représentation de la pièce Inter Alia dans le West End londonien, la comédienne Rosamund Pike est revenue sur scène après le rappel pour interpeller un spectateur qui consultait son téléphone pendant le spectacle. « Je voulais simplement dire à tous ceux qui vont au théâtre que nous essayons de vous offrir quelque chose d’immense. J’essaie de vous raconter une histoire, je vous ressens, et j’espère que vous me ressentez aussi… Peut-être que c’était très important, et peut-être que vous êtes médecin et que vous sauvez une vie, je l’espère, mais nous voyons ces gestes, nous les ressentons », a-t-elle déclaré depuis la scène.
Le principe fondamental : la considération
Au-delà de cet incident, des spécialistes des bonnes manières rappellent les règles essentielles de la civilité numérique. Myka Meier, auteure de Modern Etiquette Made Easy (Les bonnes manières modernes simplifiées), résume la philosophie de base en une phrase : « Il s’agit toujours de penser aux autres. » L’étiquette téléphonique repose sur un principe unique : le respect du temps et de l’attention de son interlocuteur.
Onze règles pour une communication apaisée
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Texto de nuit : mieux vaut attendre le matin. Envoyer un message après une certaine heure, surtout si l’on ne connaît pas les habitudes de sommeil du destinataire, peut être perçu comme une intrusion. La règle d’or : si l’on n’est pas certain que la personne est éveillée et disponible, on s’abstient.
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Le message vocal : à utiliser avec parcimonie. Les notes vocales, souvent longues et imposées à l’autre, doivent être réservées à des proches consentants ou à des situations où l’écrit est impossible. Il est poli de demander d’abord si le destinataire accepte ce format.
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L’appel sans prévenir : une exception. Appeler quelqu’un à l’improviste sans avoir envoyé un message préalable est considéré comme impoli par de nombreux experts. Un rapide texto (« Tu es disponible pour parler ? ») permet à l’autre de se libérer.
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Téléphone en public : mode silencieux obligatoire. Dans les transports, les salles d’attente et les espaces partagés, le son doit être coupé. Les conversations téléphoniques y sont également à proscrire.
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Dans les lieux de spectacle : éteindre ou mettre en silencieux. L’exemple de Rosamund Pike le rappelle : un écran allumé dans une salle obscure distrait les artistes et les spectateurs. Le téléphone doit être rangé.
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Les notifications : les désactiver lors des réunions. Que ce soit au bureau ou lors d’un dîner entre amis, les alertes sonores ou visuelles doivent être suspendues. L’attention portée à l’autre est primordiale.
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Pas de téléphone à table. Poser son appareil sur la table, même à l’envers, est un signe de distraction. Il est préférable de le garder dans une poche ou un sac, et de ne le consulter qu’en cas d’urgence.
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Répondre dans un délai raisonnable. Il n’est pas exigé de répondre immédiatement, mais laisser un message sans réponse plusieurs jours peut être mal interprété. Un accusé de réception rapide (« Je te réponds ce soir ») apaise les tensions.
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Les groupes de discussion : respecter les règles implicites. Éviter d’envoyer des messages hors sujet, des chaînes de messages ou des contenus qui ne concernent pas tout le groupe. Mieux vaut créer un fil privé pour les apartés.
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Photo ou vidéo : toujours demander l’autorisation. Publier ou partager une image où figure une personne sans son consentement est une violation de sa vie privée. Cette règle s’applique aussi dans les espaces privés.
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En réunion ou en tête-à-tête : téléphone hors de vue. Poser son appareil face cachée sur la table, ou mieux, le ranger, montre que l’on accorde toute son attention à son interlocuteur. Le multitâche numérique est perçu comme un manque de respect.
Le mot des experts
William Hanson, spécialiste britannique de l’étiquette, insiste sur la responsabilité de l’expéditeur : « Quand on envoie un texto, la charge incombe à l’expéditeur de respecter le temps du destinataire. » Cette maxime peut s’appliquer à l’ensemble des interactions numériques : avant d’appuyer sur « envoyer » ou de décrocher, il convient de se demander si l’on ne dérange pas.