Fin des frappes et menace de représailles
Les autorités iraniennes ont officialisé, ce lundi 9 juin, la conclusion de leur opération militaire lancée la veille contre Israël. Selon un communiqué diffusé par le ministère des Affaires étrangères, l’offensive, qualifiée d’« acte de défense légitime », visait des installations militaires israéliennes en représailles à une frappe attribuée à l’État hébreu sur un site nucléaire iranien. Le porte-parole des Gardiens de la Révolution a précisé que « l’opération est terminée », tout en mettant en garde : « Si le régime sioniste commet une nouvelle erreur, la réponse sera plus sévère et plus rapide. »
De son côté, Jérusalem a confirmé avoir intercepté la quasi‑totalité des projectiles grâce à son système de défense aérienne, tout en se réservant le droit de répondre « au moment et au lieu de son choix », selon une déclaration du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou. Les habitations et infrastructures civiles n’ont pas été touchées, ont rapporté les services de secours israéliens.
Fermeture du détroit d’Ormuz : un levier économique
Parallèlement à l’annonce de la fin des hostilités, Téhéran a ordonné à la marine des Gardiens de la Révolution de verrouiller le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Le commandement des Gardiens a justifié cette mesure par « la nécessité de protéger la sécurité nationale iranienne face aux menaces persistantes ». Les navires battant pavillon israélien sont explicitement exclus du passage, mais l’ensemble du trafic maritime est soumis à inspection, ce qui a déjà provoqué une flambée des prix du brut sur les marchés asiatiques et européens.
Cette décision intervient alors que plusieurs pétroliers battant pavillon des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite ont fait demi‑tour dans la nuit de dimanche à lundi, selon des sources portuaires citant des ordres de la marine iranienne. Le gouvernement iranien a toutefois assuré que « le détroit restera ouvert aux navires qui respectent les lois de la République islamique », tout en menaçant de « couler tout bâtiment qui tenterait de forcer le blocus ».
Réactions internationales
La communauté internationale a réagi avec une vive inquiétude. Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir en urgence dans la journée pour examiner la situation. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les deux parties à « la retenue maximale » et rappelé que « toute escalade dans la région du Golfe aurait des conséquences catastrophiques pour l’économie mondiale et la sécurité régionale ».
Du côté américain, le président Donald Trump a qualifié la fermeture du détroit d’Ormuz « d’acte de piraterie flagrant » et a ordonné le déploiement renforcé du groupe aéronaval de l’US Navy stationné dans le Golfe. « Les États-Unis ne permettront à personne de prendre en otage l’approvisionnement énergétique du monde », a déclaré le porte‑parole du Département d’État.
L’Union européenne, par la voix de son haut représentant, a exprimé sa « profonde préoccupation » et exhorté à « une désescalade immédiate » tout en annonçant des consultations avec les partenaires du Golfe.
Conséquences économiques immédiates
Les marchés financiers ont instantanément réagi : le baril de Brent a bondi de plus de 7 % ce lundi matin, dépassant les 110 dollars, tandis que les Bourses de Tel‑Aviv et de Téhéran ont ouvert en forte baisse. Les compagnies d’assurance maritimes ont suspendu la couverture des risques de guerre pour les navires traversant le Golfe persique, entraînant une flambée des primes de fret.
Les analystes estiment que si le blocus devait se prolonger, les réserves stratégiques des pays consommateurs pourraient être entamées en quelques semaines, poussant les prix à des niveaux records depuis la guerre du Golfe de 1990‑1991.
Vers un embrasement régional ?
Au‑delà de la confrontation directe entre l’Iran et Israël, la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait précipiter une intervention militaire américaine. Plusieurs experts en sécurité régionale interrogés soulignent que le dispositif naval iranien, bien que moins moderne que celui des États‑Unis, dispose de missiles antinavires et de mines capables de paralyser le trafic pendant plusieurs mois.
L’agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé qu’elle pourrait recommander une libération coordonnée des réserves stratégiques si le blocage se prolongeait. Le G7, réuni d’urgence par visioconférence, a condamné « toute action unilatérale qui menace la liberté de navigation » et promis une réponse « ferme et proportionnée ».
En attendant, les vols civils vers Tel‑Aviv et plusieurs capitales du Golfe ont été suspendus par les grandes compagnies aériennes, et les nations du Conseil de coopération du Golfe ont mis leurs forces en alerte maximale, redoutant un débordement du conflit sur leur propre territoire.