« Escaping Babylon », le nouvel essai du journaliste et DJ Jesse Bernard, propose une plongée personnelle dans l'histoire de la musique noire britannique. Né en 1989, année-clé pour cette scène – Soul II Sound s'apprêtait à conquérir l'Amérique, Sade connaissait un succès mondial, tandis qu'A Guy Called Gerald et Nightmares on Wax faisaient danser la jeunesse –, l'auteur utilise sa propre vie comme fil conducteur.
Un récit conçu comme une mixtape
L'ouvrage se distingue par sa forme : structuré à la manière d'une mixtape, il alterne interludes, saynètes, fictions et poèmes, suivant la trajectoire de Bernard de l'enfance à la maturité. Le lecteur le découvre successivement écolier turbulent – il fut renvoyé pour avoir glissé du poisson pourri dans les radiateurs de son établissement –, puis explorateur musical, DJ et journaliste.
L'éducation musicale de l'auteur débute dans la voiture de ses parents, bercée par les voix de Mica Paris, Soul II Soul et Carol Wheeler. Un moment charnière survient en 2000, lorsqu'il découvre Craig David interpréter « 7 Days » dans l'émission « Top of the Pops » : c'est l'une des premières fois, écrit-il, qu'il voit un chanteur de R&B « distinctement britannique ».
Ces souvenirs personnels sont entrelacés avec les rencontres que Bernard a faites au cours de sa carrière de journaliste. Il construit ainsi une argumentation sur les origines du genre, de Soul II Soul à Dizzee Rascal, en passant par les figures qui ont marqué la scène. L'ensemble se veut une exploration intime, mêlant la grande histoire musicale aux petites histoires d'une communauté et de ses sonorités.