Les nuits de bombardements massifs sur l’Ukraine restent une constante, mais derrière cette démonstration de force, l’offensive terrestre russe donne des signes d’essoufflement. Plus de quatre ans après le début de l’invasion à grande échelle, les communiqués de Moscou annonçant la prise de localités se raréfient, tandis que Kyiv a regagné du terrain dans certains secteurs.

Selon les données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un centre de réflexion basé aux États-Unis, les forces ukrainiennes ont repris des positions aux troupes russes au cours des mois d’avril et mai. Il s’agit d’une situation inédite depuis l’automne 2023. Ces gains, bien que d’ampleur limitée, suffisent à illustrer les difficultés croissantes de l’armée russe sur le front.

Progression « extrêmement lente » et effet des drones

« L’offensive de l’armée russe progresse à un rythme extrêmement lent », résume l’expert militaire russe Alexandre Khramtchikhine. Il estime que seule une « déplétion totale des ressources ukrainiennes » pourrait permettre une accélération des avancées russes. L’omniprésence des drones de combat a créé une « zone morte » de plusieurs kilomètres de part et d’autre de la ligne de contact, rendant toute progression très coûteuse et risquée.

L’ISW indique pour sa part, dans un rapport publié début juin, que les forces ukrainiennes ont « largement stoppé » l’offensive de printemps et d’été menée par la Russie. Celles-ci ont bénéficié de réformes et d’un effort accru dans le domaine des drones, améliorant leur capacité à contenir les assauts.

Infiltration et objectifs limités

Face à cette situation, Moscou a recours à des opérations d’infiltration : de petits groupes de soldats sont envoyés derrière les lignes ennemies pour tenir des positions clés jusqu’à l’arrivée de renforts. Cette tactique a connu des succès ponctuels, notamment lors de la prise du nœud logistique de Pokrovsk à la fin de l’année précédente, mais elle demande du temps et ne permet pas des percées rapides sur l’ensemble du front.

Désormais, l’effort principal russe semble se concentrer sur la capture de Kostiantynivka, une ancienne ville industrielle de la région de Donetsk. L’objectif n’est plus une avancée large mais la conquête de points stratégiques, les frappes systématiques sur les infrastructures et les zones civiles visant à maintenir la pression sur l’ensemble du territoire ukrainien.

Un territoire toujours sous contrôle russe

Malgré ce ralentissement, la Russie occupe toujours plus de 19 % du territoire ukrainien. Les bombardements nocturnes par vagues de drones et de missiles restent intenses et réguliers, maintenant une pression constante sur les villes et le réseau énergétique du pays. Si l’armée ukrainienne se trouve dans une meilleure posture qu’un an auparavant, des défis importants subsistent, notamment en termes de ressources humaines et de soutien occidental.