Les entreprises israéliennes spécialisées dans l'armement ne pourront exposer que leurs systèmes de défense lors du salon Eurosatory, qui se tiendra du 15 au 19 juin au parc des expositions Paris Nord Villepinte. La décision, prise par les autorités françaises, a été confirmée lundi par le président de COGES Events, Charles Beaudouin, l'organisateur de l'événement.
« Sont autorisés uniquement les exposants israéliens qui présenteront des systèmes de défense antibalistique et antiaérienne », a-t-il déclaré, précisant que cette mesure émanait du Conseil de défense français. « C'est un choix du gouvernement français, du Conseil de défense. Et, à titre personnel, je trouve que ça a le mérite d'être clair », a-t-il ajouté.
Une interdiction sans équivoque
L'organisation du salon a insisté sur le caractère strict de la restriction. « Il n'y a pas d'ambiguïté possible : si un exposant est aussi fabricant de roquettes, il ne pourra pas les montrer. Cela évite toute arme offensive », a souligné Charles Beaudouin. Cette mesure vise ainsi à interdire toute présentation de matériel offensif, quelle que soit la nature de l'entreprise concernée.
Réaction indignée d'Israël
Le ministère israélien de la Défense a vivement protesté contre cette décision, dénonçant une « décision honteuse, qui sent le calcul politique et commercial ». Dans un communiqué, il a regretté être « dans l'incapacité de participer au salon ou d'installer un pavillon national », estimant que cette mesure s'inscrit dans « un schéma profondément troublant dans le comportement de la France ces dernières années ».
Contexte diplomatique tendu
Cette restriction intervient dans un climat de fortes tensions entre Paris et Tel-Aviv. Depuis la fin février, la France a condamné à plusieurs reprises les opérations militaires israéliennes sur le territoire libanais. Dimanche, Paris a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies après que l'armée israélienne se fut emparée de la forteresse médiévale de Beaufort, au Liban, pour y faire flotter le drapeau israélien. Cette escalade militaire et diplomatique constitue la toile de fond de la décision concernant le salon Eurosatory.