Le parc des expositions de Paris Nord Villepinte accueille à partir de ce lundi 15 juin et jusqu’au 19 juin la 28e édition du salon international de la défense et de la sécurité Eurosatory. Placé sous le thème « Innovation et coopération : préparer la défense de demain », l’événement se déroule en parallèle du sommet du G7 à Évian, dans un contexte géopolitique mondial tendu.
Une édition marquée par la guerre en Ukraine
L’Ukraine constitue l’un des poids forts de cette édition. Alors que le salon de 2024 n’avait attiré qu’une dizaine de sociétés ukrainiennes, elles sont cette année environ quatre‑vingts à avoir répondu à l’appel des organisateurs. Ces entreprises présenteront des matériels éprouvés sur le champ de bataille face à la Russie : drones, systèmes robotisés et missiles de frappe en profondeur. Cette présence massive reflète la volonté de Kiev de capitaliser sur son expertise technologique acquise en conditions réelles, notamment dans le domaine des drones intercepteurs.
Le retour d’Israël après deux ans d’absence
Autre fait marquant : les entreprises israéliennes privées, qui avaient été interdites d’exposition en 2024 en raison du conflit à Gaza, sont de nouveau autorisées à participer. L’autorisation porte spécifiquement sur les « capacités ou briques de capacités relatives à la défense sol‑air, antimissile et antibalistique », selon les précisions apportées par le général Beaudouin, ancien haut responsable de l’Armée de terre française, cité par l’AFP. Les stands israéliens devraient notamment mettre en avant le système antimissile « Dôme de fer » (Iron Dome), dont l’efficacité a été démontrée ces dernières années et qui suscite l’intérêt des armées occidentales, y compris américaines.
Un salon record et des enjeux budgétaires
Avec plus de 2 100 exposants issus de 65 pays, l’édition 2026 bat des records de participation. Le salon, qui se tient depuis 1967, se veut une vitrine des technologies « opérationnelles », permettant aux décideurs publics et aux forces armées de comparer les capacités industrielles mondiales et d’anticiper les évolutions à court, moyen et long terme.
Ce rendez-vous intervient dans un contexte de hausse continue des dépenses militaires mondiales. Selon le rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) publié fin avril, celles‑ci ont atteint près de 2 900 milliards de dollars (environ 2 500 milliards d’euros), en augmentation d’environ 3 % par rapport à 2024. La France, dans le cadre de son projet de loi de finances 2026, a prévu un budget de 68,4 milliards d’euros pour son ministère des Armées, destiné à renforcer ses équipements et ses effectifs.
Un format dense jusqu’au 19 juin
Outre les stands d’exposition, le programme d’Eurosatory 2026 comprend des démonstrations dynamiques et des conférences. Les organisateurs misent sur une fréquentation élevée, portée par les tensions internationales et la nécessité pour les États de moderniser leurs arsenaux. La présence ukrainienne et le retour des industriels israéliens illustrent la place croissante des conflits en cours dans les stratégies d’approvisionnement des armées du monde entier.