Le ministre d'État de Monaco, chef du gouvernement princier, a déclaré ce lundi que le suspect recherché après l'explosion survenue samedi dans un immeuble résidentiel de la principauté a « probablement gagné la France ». Cette affirmation, rapportée par plusieurs sources proches de l'enquête, constitue une nouvelle orientation majeure dans le suivi de cette affaire.
L'attaque, qui a fait trois blessés dont deux dans un état critique — un couple —, avait été perpétrée au moyen d'un colis piégé dissimulé dans le hall d'un immeuble du quartier de Monte-Carlo. Le parquet de Monaco a confirmé dimanche qu'il s'agissait d'un engin explosif artisanal, déposé intentionnellement. Les forces de l'ordre avaient rapidement lancé un avis de recherche visant un individu aperçu fuyant à pied puis en voiture vers la frontière française toute proche.
Lors d'une déclaration suivie avec attention, le ministre d'État a précisé que les investigations des autorités monégasques et françaises sont désormais coordonnées étroitement. « Nous avons des raisons de penser que l'auteur des faits a traversé la frontière », a-t-il indiqué, sans fournir davantage de détail sur le point de passage emprunté ni sur le véhicule utilisé. Il a ajouté qu'une conférence de presse conjointe avec les services de sécurité serait organisée dans la journée pour exposer les éléments disponibles.
Un suspect activement recherché
L'homme recherché, dont l'identité n'a pas été officiellement divulguée, serait un ressortissant ukrainien âgé d'une trentaine d'années, selon des informations concordantes issues de l'enquête. Il aurait été aperçu dans la région de Menton, côté français, peu après les faits. Les polices monégasque et française travaillent en synergie, une procédure de coopération transfrontalière ayant été activée dès dimanche.
Le procureur de Monaco, qui s'était exprimé la veille, avait déjà évoqué la piste d'une « fuite vers la France ». Il avait également précisé que l'explosif utilisé était de type artisanal, suggérant une préparation minutieuse. Aucun lien avec une organisation criminelle ou terroriste n'a été établi à ce stade.
Un couple toujours entre la vie et la mort
Sur le plan médical, les deux victimes les plus gravement touchées — un homme et une femme vivant en couple dans l'immeuble — demeurent hospitalisées en réanimation et « entre la vie et la mort », selon les termes employés par les autorités judiciaires. Leur pronostic vital reste engagé. La troisième personne blessée, un voisin, a pu regagner son domicile après avoir reçu des soins pour des blessures légères.
L'explosion, survenue samedi en fin d'après-midi, avait provoqué un mouvement de panique dans ce quartier huppé de Monaco. Les dégâts matériels sont limités à l'immeuble ciblé, mais l'onde de choc a été ressentie à plusieurs centaines de mètres.
Une conférence de presse très attendue
Les précisions apportées par le ministre d'État interviennent alors que la pression monte sur les enquêteurs pour élucider les motivations du suspect. Plusieurs hypothèses sont explorées, dont celle d'un différend personnel ou d'un règlement de comptes en lien avec le monde des affaires. L'oligarque ukrainien résidant dans l'immeuble a été entendu par les enquêteurs, mais son implication n'a pas été retenue à ce jour.
La conférence de presse annoncée devrait permettre de faire le point sur les avancées de l'enquête, les résultats des analyses techniques et les moyens déployés pour interpeller le fugitif. Elle devrait également aborder les mesures de sécurité renforcées dans la principauté depuis l'attaque.
En attendant, les autorités françaises ont diffusé un avis de recherche à l'échelle nationale, tandis que la police monégasque maintient une vigilance accrue aux postes-frontières. L'enquête est menée sous l'autorité conjointe des parquets de Monaco et de Nice.