Deux jours après l'explosion qui a secoué le centre de Monaco, le parquet de la Principauté a apporté des précisions majeures sur l'enquête. Le procureur Stéphane Thibault a indiqué mardi que les investigations n'ont pas, à ce stade, mis en évidence d'élément à caractère terroriste. « Rien ne permet à ce jour de retenir la qualification terroriste », a-t-il déclaré, tout en précisant que le suspect, qui a fui à pied après avoir déposé un paquet à l'entrée d'un immeuble résidentiel, a agi seul.

Les faits se sont déroulés lundi en fin de journée, vers 18 heures. L'engin a explosé au moment où trois personnes franchissaient le seuil de l'immeuble. Le ministre d'État de Monaco, Christophe Mirmand, a confirmé sur la chaîne LCI que les trois victimes sont « de retour chez elles tranquillement » lorsqu'elles ont été « prises dans l'explosion ». Il a ajouté qu'il s'agit d'une famille ukrainienne : une femme, son compagnon et un adolescent de 13 ans. La femme se trouve dans un état critique, avec un pronostic vital engagé ; les deux autres sont hospitalisés mais leurs jours ne sont pas en danger.

Des images de vidéosurveillance exploitables

Les enquêteurs exploitent les images des caméras de surveillance, très nombreuses dans la Principauté. Celles-ci montrent un homme vêtu d'une veste noire, d'un pantalon clair et de chaussures blanches, portant un chapeau noir qui dissimule partiellement son visage. Il marchait dans la rue avant de déposer le paquet. Pour l'heure, le mobile n'est pas connu. Une enquête pour tentative de meurtre a été ouverte, sans être qualifiée de terroriste.

L'une des victimes identifiée comme un oligarque ukrainien sanctionné

Plusieurs médias ukrainiens ont identifié l'un des blessés comme étant Vadym Yermolaiev, un promoteur immobilier multimillionnaire résidant à Monaco. Selon le site Ukrainska Pravda, il aurait été frappé par des sanctions ukrainiennes en décembre 2023 en raison de ses activités commerciales présumées dans la péninsule de Crimée annexée par la Russie. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a confirmé que les trois victimes sont « de descendance ukrainienne et font partie d'une même famille ». Il a ajouté que les autorités ukrainiennes sont en contact avec les autorités monégasques et vérifient la nationalité exacte des intéressés.

Un suspect en fuite, peut-être en France

Si les autorités monégasques n'ont pas officiellement confirmé la destination du fugitif, Christophe Mirmand a indiqué mardi que le suspect a « probablement gagné la France » après avoir pris la fuite à pied. Une conférence de presse doit être organisée dans les prochaines heures par la préfecture des Alpes-Maritimes pour faire le point sur les recherches transfrontalières. La Principauté, qui compte environ 38 000 habitants et est considérée comme l'un des endroits les plus sûrs au monde grâce à son réseau dense de caméras, a renforcé les contrôles à ses frontières. L'enquête se poursuit en collaboration avec les autorités françaises.